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50 ans de la CEDEAO : Diomaye Faye exige des actes, pas des discours

La suite dépendra de la capacité des États membres à traduire les discours de Freetown en politiques effectives, un test que la CEDEAO, à l'entame de sa deuxième moitié de siècle, ne peut plus se permettre de rater.

50 ans de la CEDEAO : Diomaye Faye exige des actes, pas des discours
50 ans de la CEDEAO : Diomaye Faye exige des actes, pas des discours — Photo : A l'heure / À l'Heure
Afrique

À Freetown, le président sénégalais a brisé la langue de bois pour appeler les dirigeants ouest-africains à transformer les engagements régionaux en résultats concrets, à l'heure où la CEDEAO traverse l'une des crises les plus profondes de son histoire.

Le Sommet sur l'avenir de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest, organisé en Sierra Leone à l'occasion du cinquantième anniversaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, a offert à Bassirou Diomaye Faye une tribune qu'il n'a pas manquée. Le chef de l'État sénégalais y a porté un message qu'il a lui-même qualifié de «vérité et d'espérance», deux mots qui, dans le vocabulaire diplomatique ouest-africain, sonnent rarement ensemble.

La CEDEAO a été fondée en 1975 avec une ambition claire : faire de l'Afrique de l'Ouest un espace économique intégré, capable de peser sur la scène internationale et d'améliorer concrètement les conditions de vie de ses populations. Cinq décennies plus tard, le bilan reste mitigé. Si des avancées ont été enregistrées sur la libre circulation des personnes ou la gestion de certaines crises politiques, l'organisation peine à incarner une véritable solidarité régionale face aux défis contemporains, qu'il s'agisse de la sécurité, du développement économique ou de la gouvernance.

Le contexte dans lequel s'inscrit ce sommet est particulièrement tendu. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la CEDEAO pour former l'Alliance des États du Sahel, fragilisant l'unité d'un bloc qui comptait sur leur appartenance pour maintenir sa crédibilité. Face à ces fractures, certains dirigeants choisissent la prudence diplomatique ; Diomaye Faye, lui, a préféré la franchise, en soulignant que les menaces qui pèsent sur la région exigent une réponse collective et déterminée, sans atermoiements.

Pour le Sénégal, ce positionnement n'est pas anodin. Dakar a toujours occupé une place centrale dans la diplomatie ouest-africaine, abritant le siège de nombreuses institutions régionales et jouant un rôle d'équilibre dans les crises politiques du voisinage. En prenant la parole avec cette tonalité volontariste à Freetown, le nouveau président confirme sa volonté d'inscrire le Sénégal dans un leadership régional assumé, distinct du suivisme qui a parfois caractérisé les postures diplomatiques africaines dans les grandes enceintes internationales.

L'appel à l'action lancé par Diomaye Faye rejoint une attente largement partagée au sein des sociétés civiles et des jeunesses ouest-africaines, qui observent avec une impatience croissante les sommets se succéder sans que leur quotidien n'en soit sensiblement amélioré. L'intégration régionale, pour être durable, devra se gagner non seulement dans les salles de conférence, mais aussi dans les marchés, les écoles et les postes-frontières du continent.

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