Dakar 28°C · ciel clairE-ISSN 3125-1935
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

À 28 ans, Momar Ndoye prend la tête du Jaaraf de Ouakam

La cérémonie d'intronisation et les premières prises de position publiques du nouveau Jaaraf permettront de mieux cerner la direction dans laquelle Momar Ndoye entend conduire sa mission à la tête de cette chefferie historique.

À 28 ans, Momar Ndoye prend la tête du Jaaraf de Ouakam
À 28 ans, Momar Ndoye prend la tête du Jaaraf de Ouakam — Photo : A l'heure / À l'Heure
Culture

La communauté léboue de Ouakam a tourné une page. Moins de deux semaines après la disparition de Papa Youssou Ndoye, son fils Momar Ndoye, 28 ans, lui succède à la tête du titre de Jaaraf, désigné à l'unanimité par sa famille et le Collège des sages.

La décision est tombée rapidement, mais elle n'en est pas moins solennelle. Le Collège des sages de la Collectivité léboue, instance coutumière dont le rôle est précisément de veiller à la continuité des chefferies traditionnelles, a validé la désignation de Momar Ndoye sans voix discordante. Ce consensus familial et institutionnel témoigne d'une volonté claire de ne pas laisser vacant, même brièvement, un poste qui structure la vie de toute une communauté.

Le Jaaraf est une figure centrale dans l'organisation sociale des Lébous, peuple autochtone du Cap-Vert dont les villages, aujourd'hui absorbés par l'expansion de Dakar, ont néanmoins conservé leurs institutions propres. Ce titre désigne un responsable coutumier chargé de veiller aux intérêts collectifs de sa communauté, de régler les différends internes et de représenter le quartier dans les relations avec les autres instances léboues. À Ouakam, l'un des villages historiques de la presqu'île, cette fonction revêt une importance particulière dans un contexte d'urbanisation intense qui met sous pression les terres et les repères identitaires.

La jeunesse du nouveau Jaaraf attire naturellement l'attention. À 28 ans, Momar Ndoye hérite d'une responsabilité que son père portait depuis de nombreuses années. Dans les sociétés à tradition orale et à gouvernance coutumière, la transmission au sein d'une même lignée est courante, mais elle n'efface pas le poids de l'héritage. Le successeur devra s'imposer par l'autorité morale autant que par la légitimité du sang, d'autant que les défis auxquels fait face la communauté léboue, notamment la question foncière, sont loin d'être réglés.

Ce passage de flambeau intervient dans un moment sensible pour les Lébous de la côte dakaroise. Depuis plusieurs décennies, la pression immobilière, les projets d'aménagement et l'extension de la ville menacent les espaces que ces communautés considèrent comme leur patrimoine ancestral. Dans ce contexte, le rôle du Jaaraf dépasse la simple représentation symbolique ; il s'inscrit dans des enjeux très concrets de préservation d'un mode de vie et d'une identité collective.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

À 28 ans, Momar Ndoye prend la tête du Jaaraf de Ouakam | À l'Heure