À l'Assemblée nationale, Abdou Mbow dénonce une falsification du rapport budgétaire
L'examen du projet de loi de finances rectificative 2026 a viré à la crise ouverte ce mardi à l'hémicycle, le député Abdou Mbow accusant la Commission des finances d'avoir altéré le contenu de son propre rapport.

La séance plénière du 3 novembre consacrée à la LFR 2026 a été brutalement interrompue dans son élan par une accusation grave. Abdou Mbow, député et figure de l'opposition parlementaire, a mis en cause la Commission des finances et du contrôle budgétaire, affirmant que le document soumis à l'Assemblée ne correspondait pas à celui produit à l'issue des travaux en commission. En clair, selon lui, le rapport aurait été modifié entre sa rédaction initiale et sa présentation en séance plénière.
Cette accusation intervient dans un contexte politique déjà tendu. Depuis les législatives de novembre 2024 qui ont offert une majorité confortable au camp du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, les rapports entre la majorité et l'opposition se sont rarement démontrés apaisés. Les débats budgétaires, qui cristallisent les équilibres de pouvoir entre l'exécutif et le législatif, constituent traditionnellement un terrain de confrontation particulièrement âpre au Sénégal.
L'intégrité des travaux parlementaires est au coeur de l'incident. Un rapport de commission constitue un acte officiel ; toute modification non validée par ses membres représenterait une atteinte sérieuse aux procédures démocratiques. La Commission des finances joue un rôle central dans l'examen des textes budgétaires, en filtrant et en analysant les projets de loi avant leur passage devant l'ensemble des députés. Si les faits dénoncés par Abdou Mbow venaient à être établis, ils soulèveraient des questions fondamentales sur la fiabilité du processus législatif.
Au-delà du Sénégal, ce type d'incident rappelle les fragilités institutionnelles que connaissent plusieurs parlements africains, où la pression exercée par les majorités au pouvoir peut parfois peser sur le fonctionnement des organes de contrôle. La transparence budgétaire demeure un chantier ouvert dans de nombreux pays du continent, malgré les réformes engagées sous l'impulsion d'institutions comme l'UEMOA ou le FMI.
La présidence de l'Assemblée nationale devra désormais se prononcer sur la validité du rapport contesté et sur la suite à donner à la procédure d'examen de la LFR 2026, sous le regard attentif d'une opinion publique sénégalaise de plus en plus exigeante sur la qualité de la gouvernance parlementaire.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


