Anta Babacar Ngom tire à boulets rouges sur la 15e législature
La présidente du mouvement Alternatives citoyennes n'a pas mâché ses mots : la 15e législature du Sénégal, qu'elle avait abordée avec des ambitions de changement, s'est soldée selon elle par un cuisant échec.

Anta Babacar Ngom a rendu un verdict sévère sur le travail accompli par la 15e législature de l'Assemblée nationale sénégalaise. Celle qui avait porté l'étendard de la coalition Samm Sa Kaddu estime que les résultats obtenus sont très loin des engagements pris devant les électeurs. Une désillusion exprimée sans détour, qui vient alimenter un débat de fond sur l'efficacité réelle du Parlement sénégalais.
Cette prise de position s'inscrit dans un contexte politique particulier. La coalition Samm Sa Kaddu s'était constituée comme une force d'opposition déterminée, porteuse d'un discours de rupture avec les pratiques politiques jugées stériles. Elle avait mobilisé une frange de l'électorat en quête d'un renouveau dans les pratiques parlementaires, à un moment où la vie politique sénégalaise traversait de fortes turbulences, notamment autour de la question des libertés et du fonctionnement des institutions.
La 15e législature a en effet été marquée par une période d'instabilité institutionnelle inédite au Sénégal. La dissolution de l'Assemblée nationale, décidée en septembre 2024 par le président Bassirou Diomaye Faye, avait clos prématurément ce mandat, laissant inachevés de nombreux chantiers législatifs. Ce raccourcissement du calendrier parlementaire a sans doute pesé sur le bilan que dressent aujourd'hui les acteurs politiques qui y ont siégé.
Au-delà du cas sénégalais, ce type de désenchantement vis-à-vis des assemblées législatives est récurrent dans plusieurs démocraties africaines. Les oppositions, souvent contraintes par leur poids numérique, peinent à transformer leurs ambitions programmatiques en résultats concrets. La question de l'utilité réelle des mandats parlementaires pour ceux qui arrivent en position minoritaire reste entière et alimente régulièrement la défiance des citoyens envers leurs représentants.
La critique d'Anta Babacar Ngom résonne d'autant plus fort que le Sénégal vient d'entrer dans une nouvelle séquence électorale avec la 16e législature issue des élections législatives de novembre 2024, dominées par la coalition au pouvoir Pastef. La majorité écrasante obtenue par le camp présidentiel redessine complètement les équilibres à l'Assemblée, reléguant les forces d'opposition à un rôle encore plus contraint qu'auparavant.
La question qui se pose désormais est de savoir comment Anta Babacar Ngom et les autres figures de l'opposition entendent peser sur la vie parlementaire dans cette nouvelle configuration, où les rapports de force leur sont encore moins favorables.
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