Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Cabinets étrangers sans titre : l'Ordre des avocats monte au créneau

La saisine du bâtonnier ouvre désormais la voie à des procédures judiciaires qui permettront de mesurer la fermeté avec laquelle les autorités entendent défendre l'intégrité du barreau sénégalais.

Cabinets étrangers sans titre : l'Ordre des avocats monte au créneau
Cabinets étrangers sans titre : l'Ordre des avocats monte au créneau — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Sénégal

L'Ordre des avocats du Sénégal a décidé de porter l'affaire devant la justice. Constatant la multiplication de cabinets juridiques étrangers opérant irrégulièrement sur le territoire national, l'institution a officiellement saisi le bâtonnier afin d'engager des poursuites contre leurs responsables et leurs complices.

Dans un communiqué rendu public, l'Ordre des avocats dresse un constat sans ambiguïté : des cabinets de droit étrangers se sont installés à Dakar en faisant fi des règles qui encadrent la profession d'avocat au Sénégal. Ces structures exerceraient leurs activités en dehors de tout cadre légal reconnu, bafouant au passage les principes déontologiques les plus fondamentaux qui régissent la profession sur le territoire national.

La profession d'avocat au Sénégal est régie par un cadre strict. Pour exercer légalement, un avocat doit être inscrit au barreau sénégalais, ce qui implique de satisfaire à des conditions précises en matière de diplômes, de moralité et de respect des règles professionnelles locales. Ce dispositif vise à garantir la protection des justiciables et à assurer la qualité des prestations juridiques offertes sur le marché national.

Le phénomène que dénonce l'Ordre n'est pas propre au Sénégal. Dans plusieurs pays africains, la croissance des investissements étrangers et l'essor des grandes transactions commerciales ont favorisé l'implantation de cabinets internationaux, parfois peu regardants sur les législations locales. Cette tendance soulève partout les mêmes tensions entre ouverture économique et souveraineté réglementaire des barreaux nationaux.

Pour le Sénégal, l'enjeu dépasse la simple question de concurrence déloyale. Laisser se développer une pratique juridique non encadrée expose les clients à des recours limités en cas de litige, fragilise la crédibilité des institutions judiciaires et porte atteinte à la souveraineté réglementaire du pays dans un secteur aussi sensible que le droit. L'Ordre entend visiblement envoyer un signal clair : aucun acteur, qu'il soit national ou étranger, ne peut s'affranchir des règles en vigueur.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Cabinets étrangers sans titre : l'Ordre des avocats monte au créneau | À l'Heure