Déclaration de patrimoine : plus d'un assujetti sur deux a joué le jeu
L'OFNAC enregistre des progrès notables dans la collecte des déclarations de patrimoine, mais près de la moitié des personnes concernées n'ont pas encore satisfait à leur obligation légale.

Après avoir tiré la sonnette d'alarme en juin dernier face à un taux de conformité jugé insuffisant, l'Office national de lutte contre la corruption a rendu publique une liste provisoire des assujettis à la déclaration de patrimoine. Le bilan dressé à l'issue de la date butoir fixée au 31 juillet fait état d'un taux de 56 % de déclarations effectivement déposées. Un résultat en progrès, mais qui laisse encore 44 % des personnes concernées en dehors des clous.
La déclaration de patrimoine est une obligation légale imposée aux hauts responsables de l'État sénégalais, qu'il s'agisse de membres du gouvernement, de hauts fonctionnaires ou d'élus. Elle vise à établir une photographie précise de la situation financière et matérielle de ces agents avant, pendant et après l'exercice de leurs fonctions, afin de détecter d'éventuels enrichissements illicites. L'OFNAC, créé en 2012 sous la présidence de Macky Sall, est l'institution chargée de recevoir, de vérifier et de traiter ces déclarations.
Le faible taux initial constaté en juin avait conduit l'Office à prolonger le délai accordé à une partie des assujettis, avec pour échéance le 31 juillet. Cette décision témoigne des difficultés récurrentes à faire respecter cette obligation, pourtant centrale dans le dispositif sénégalais de lutte contre la corruption et la mal-gouvernance. Le phénomène n'est pas propre au Sénégal ; dans de nombreux pays africains, les mécanismes de déclaration de patrimoine peinent à s'imposer face aux résistances institutionnelles et culturelles.
Le résultat de 56 % constitue néanmoins un signal encourageant dans un contexte politique marqué par l'arrivée au pouvoir du tandem Faye-Sonko, qui a fait de la reddition des comptes et de la transparence dans la gestion publique l'un de ses chevaux de bataille. Le gouvernement et ses alliés avaient notamment mis en avant la nécessité de rompre avec les pratiques de l'ancien régime, ce qui confère à cette obligation de déclaration une charge symbolique particulièrement forte dans la période actuelle.
Pour être pleinement efficace, le mécanisme doit reposer sur deux piliers complémentaires : la déclaration effective de tous les assujettis et la capacité réelle de l'OFNAC à vérifier le contenu de ces déclarations. Sur ce second point, les moyens humains et techniques de l'Office restent un sujet d'attention. Sans vérification sérieuse, la déclaration de patrimoine risque de demeurer une formalité administrative plutôt qu'un véritable outil de contrôle.
La publication de la liste définitive des assujettis et les éventuelles suites réservées aux récalcitrants permettront de mesurer la portée réelle de cet exercice de transparence.
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