Déclaration de patrimoine : plus d'un assujetti sur deux a joué le jeu
L'OFNAC a rendu publique sa liste provisoire des personnes soumises à l'obligation de déclaration de patrimoine. À mi-parcours, un peu plus de la moitié d'entre elles ont satisfait à cette exigence légale.

Selon les derniers chiffres disponibles, 56 % des assujettis à la déclaration de patrimoine ont rempli leur obligation. Ce résultat, bien qu'encourageant, révèle que près d'un assujetti sur deux n'a pas encore répondu à cette injonction légale. Face à ce constat, l'Office national de lutte contre la corruption avait tiré la sonnette d'alarme dès le mois de juin, après avoir enregistré un taux de conformité jugé insuffisant. Une date butoir fixée au 31 juillet a depuis été imposée à une grande partie des concernés pour régulariser leur situation.
La déclaration de patrimoine est une obligation inscrite dans le droit sénégalais depuis la création de l'OFNAC en 2012, sous l'impulsion de la loi n° 2012-30. Elle vise à contraindre les détenteurs de charges publiques, élus, hauts fonctionnaires et autres personnalités investies de responsabilités, à rendre transparents leurs biens au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction. L'objectif est clair : prévenir l'enrichissement illicite et renforcer la redevabilité des agents de l'État envers les citoyens.
Pendant des années, cette disposition est restée largement théorique. Les sanctions prévues ont rarement été appliquées, et le taux de conformité demeurait structurellement bas. Le contexte politique actuel, marqué par l'arrivée au pouvoir du tandem Faye-Sonko et ses engagements affichés en matière de reddition des comptes, a donné une nouvelle impulsion à cet instrument. La publication d'une liste nominative provisoire des assujettis constitue en elle-même un signal fort, dans un pays où la transparence des dirigeants a longtemps relevé du voeu pieux.
L'enjeu dépasse les frontières du Sénégal. À l'échelle africaine, la déclaration de patrimoine reste un mécanisme fragile dans la plupart des États, souvent adoptée sous pression des bailleurs de fonds internationaux, mais rarement dotée de mécanismes de contrôle effectifs. Des pays comme le Ghana ou le Kenya ont tenté d'en renforcer l'application, avec des résultats contrastés. La crédibilité d'un tel dispositif repose sur la volonté réelle de sanctionner les récalcitrants, et non sur la seule publication de listes.
Le vrai test pour l'OFNAC sera de démontrer, après l'expiration des délais, que les 44 % d'assujettis encore défaillants feront l'objet de poursuites concrètes, et non d'un nouveau report discret.
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