Démission : le Directeur des Archives quitte son poste après Sonko
Le renvoi d'Ousmane Sonko de la Primature continue de provoquer des secousses au sommet de l'administration sénégalaise. Un nouveau responsable a choisi de quitter ses fonctions en signe de désaccord avec cette décision.

Le Directeur des Archives du Sénégal a remis sa démission, rejoignant ainsi la liste des hauts fonctionnaires qui ont choisi de claquer la porte depuis l'éviction du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce départ s'inscrit dans une vague de ruptures qui témoigne d'une fracture profonde au sein de l'appareil d'État, entre partisans du chef du gouvernement limogé et tenants de la ligne présidentielle.
Avant lui, Mouhamed Abdallah Ly, à la tête du Musée des Civilisations noires, et El Hadji Ndane Diagne, directeur général de la SONACOS, avaient déjà annoncé leur départ au lendemain du limogeage de Sonko. Ces démissions successives dessinent un phénomène rare dans l'histoire administrative du Sénégal, où les hauts fonctionnaires nommés par décret présidentiel démissionnent rarement pour des motifs politiques affichés. La loyauté envers un Premier ministre plutôt qu'envers le chef de l'État représente un signal politique fort, difficile à ignorer.
Le limogeage d'Ousmane Sonko intervient dans un contexte de tensions persistantes entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye, malgré leur parcours commun au sein du parti Pastef et leur victoire partagée lors des élections de 2024. Sonko avait été nommé Premier ministre en avril 2024, porté par une dynamique politique inédite qui avait suscité de grands espoirs parmi une jeunesse sénégalaise en quête de rupture avec les pratiques de gouvernance héritées des régimes précédents.
Ces démissions posent une question plus large sur la solidité des alliances politiques au Sénégal et sur la capacité des nouvelles autorités à maintenir une cohésion au sein d'une administration qu'elles ont profondément remaniée depuis leur arrivée au pouvoir. Dans plusieurs pays africains, les alternances politiques ont souvent été suivies de recompositions douloureuses au sommet de l'État, avec des effets durables sur le fonctionnement des institutions publiques.
La question qui se pose désormais est de savoir si ce mouvement de démissions restera limité à quelques responsables proches de Sonko ou s'il préfigure une recomposition plus large du paysage politique et administratif sénégalais, à l'heure où Pastef doit gouverner sans son principal artisan.
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