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Diomaye Faye accélère la mise à plat de l'appareil d'État

Moins d'un an après son installation à la tête du pays, le président Bassirou Diomaye Faye engage une série de décisions destinées à nettoyer la gestion publique héritée de ses prédécesseurs.

Diomaye Faye accélère la mise à plat de l'appareil d'État
Diomaye Faye accélère la mise à plat de l'appareil d'État — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Le constat était sévère. Les audits commandés peu après l'entrée en fonctions du nouveau pouvoir ont mis au jour des irrégularités significatives dans les finances de l'État couvrant la période allant de 2019 à mars 2024, derniers mois du régime de Macky Sall. Ces révélations ont servi de socle à une offensive réformatrice que le chef de l'État entend mener sans ménagement. Les premières décisions prises depuis le Palais de l'avenue Roume témoignent d'une volonté affichée de rompre avec des pratiques installées dans la durée.

Cette dynamique s'inscrit dans un contexte politique particulier. Diomaye Faye, élu en mars 2024 dès le premier tour avec une large avance, avait fait de la rupture avec l'ancien régime et de la lutte contre la mal-gouvernance deux piliers centraux de son programme. Son Premier ministre Ousmane Sonko, figure historique de l'opposition sénégalaise, portait depuis des années ces mêmes revendications dans la rue. Leur accession au pouvoir a donc été perçue par une partie de la population comme le début d'une ère nouvelle, avec une attente forte en matière de reddition des comptes.

Au Sénégal, les exercices d'assainissement de l'État ne sont pas inédits. Abdoulaye Wade, puis Macky Sall à son arrivée en 2012, avaient chacun affiché des ambitions similaires. Les résultats avaient été jugés insuffisants par leurs détracteurs, alimentant une défiance durable envers les institutions. C'est précisément ce cycle que Diomaye Faye cherche à briser, en appuyant ses décisions sur des documents officiels plutôt que sur de simples déclarations d'intention.

L'enjeu dépasse les frontières du Sénégal. Sur le continent, plusieurs transitions politiques récentes, notamment au Mali, au Burkina Faso ou au Niger, ont été justifiées en partie par la dénonciation de la mauvaise gestion des ressources publiques. Le Sénégal, qui a préservé son ordre constitutionnel, dispose d'une opportunité rare : montrer qu'un changement profond de gouvernance est possible dans le cadre démocratique. Le regard des partenaires techniques et financiers du pays, très attentifs à la crédibilité des réformes engagées, est également posé sur Dakar.

Les prochaines semaines diront si ces décisions se traduisent par des actes concrets, notamment des procédures judiciaires ou des réorganisations structurelles dans les administrations concernées. La population, elle, attend des résultats tangibles, pas seulement des annonces.

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