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Diomaye-Macky : Bocoum monte au créneau pour défendre une rencontre contestée

Des questions aux détracteurs de la rencontre entre les Présidents Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall Ceux qui cherchent aujourd’hui à instrumentaliser la mémoire des victimes des

Diomaye-Macky : Bocoum monte au créneau pour défendre une rencontre contestée
Diomaye-Macky : Bocoum monte au créneau pour défendre une rencontre contestée — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

La récente rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall continue de faire des vagues dans la classe politique sénégalaise. Face aux critiques, l'ancien député et figure du mouvement Agir, Thierno Bocoum, prend la parole pour défendre ce qu'il considère comme une pratique républicaine légitime.

Thierno Bocoum s'est directement adressé à ceux qui contestent cette rencontre en leur posant une question de fond : peut-on instrumentaliser la douleur des victimes des crises politiques passées pour condamner un échange entre deux chefs d'État ? Pour lui, la réponse est clairement non. Il estime que la rencontre entre Diomaye et Macky Sall s'inscrit dans une tradition républicaine que le Sénégal a su cultiver depuis les alternances démocratiques successives, notamment depuis celle de 2000 entre Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.

Le contexte est en effet chargé. La relation entre Macky Sall et les tenants de l'actuel pouvoir a longtemps été marquée par des tensions profondes, notamment durant la période 2021-2024, au cours de laquelle des affrontements politiques ont fait plusieurs morts et des centaines d'arrestations. Ousmane Sonko, figure centrale du parti Pastef aujourd'hui au pouvoir, a lui-même été emprisonné sous le régime Sall. Ces cicatrices encore fraîches alimentent les réticences d'une partie de l'opinion publique et de militants qui voient dans cette rencontre une forme de trahison envers ceux qui ont souffert.

Bocoum appelle pourtant à distinguer la justice, dont le traitement appartient aux institutions compétentes, et la nécessité d'un dialogue entre responsables politiques. Dans toute démocratie, la cohabitation entre mémoire des luttes et impératifs de gouvernance constitue un équilibre délicat. Au Sénégal, pays souvent présenté comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l'Ouest, cette tension entre exigence de rupture et continuité institutionnelle est particulièrement visible depuis l'alternance historique de mars 2024.

L'argument républicain avancé par Bocoum trouve des résonances sur le continent. En Afrique du Sud, Nelson Mandela avait posé les jalons d'une réconciliation nationale sans effacer les crimes de l'apartheid. En Tunisie, la justice transitionnelle avait tenté de concilier vérité et dialogue. Le Sénégal doit désormais trouver sa propre voie, entre la demande de reddition de comptes portée par une partie de l'électorat de Pastef et les nécessités d'une transition politique apaisée.

La polémique autour de cette rencontre révèle en creux les tensions qui traversent le Sénégal post-alternance ; la façon dont le nouveau pouvoir gérera les dossiers judiciaires liés à l'ancienne période dira beaucoup sur la profondeur réelle de la rupture promise aux Sénégalais.

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