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Enquête parlementaire sur « Un étudiant, un ordinateur » : deux anciens ministres déclinent leurs convocations

La commission devra désormais décider des suites à donner à ces refus, qu'il s'agisse de saisir la justice, de reformuler les convocations ou de poursuivre ses travaux en l'absence des personnes concernées.

Enquête parlementaire sur « Un étudiant, un ordinateur »  : deux anciens ministres déclinent leurs convocations
Enquête parlementaire sur « Un étudiant, un ordinateur » : deux anciens ministres déclinent leurs convocations — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

La commission d'enquête parlementaire chargée d'examiner le programme « Un étudiant, un ordinateur » se heurte à un mur de refus. Abdoulaye Daouda Diallo et Moussa Baldé, tous deux anciens membres du gouvernement Macky Sall, ont décliné les convocations qui leur étaient adressées.

La commission d'enquête parlementaire mise en place pour faire la lumière sur le programme « Un étudiant, un ordinateur » traverse une zone de turbulences. Abdoulaye Daouda Diallo, ancien ministre sous la présidence de Macky Sall, a officiellement fait savoir qu'il ne se présenterait pas à l'audition prévue en début de semaine. Son dossier portait notamment sur les fondements et la mise en oeuvre du programme en question. Moussa Baldé, autre figure de l'ère Sall, a adopté la même posture de refus.

Ce programme, lancé sous l'ancien régime avec l'ambition de doter les étudiants sénégalais d'outils numériques, fait aujourd'hui l'objet de soupçons sérieux sur la gestion des fonds publics engagés. La commission d'enquête a été constituée par la nouvelle Assemblée nationale dans le cadre de la dynamique de reddition des comptes portée par le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir en mars 2024. L'objectif affiché est de vérifier si les deniers publics ont été utilisés de façon transparente et conforme aux objectifs initiaux.

Le refus de comparaître opposé par ces deux personnalités n'est pas sans précédent dans la vie politique sénégalaise, mais il prend une résonance particulière dans le contexte actuel. Plusieurs proches de l'ancien régime ont déjà été convoqués dans le cadre de diverses procédures judiciaires ou parlementaires depuis l'alternance. Certains ont coopéré, d'autres ont choisi de se soustraire, invoquant des motifs divers. Ce bras de fer entre des commissions parlementaires et d'anciens responsables gouvernementaux pose la question de la portée réelle du contrôle parlementaire et des sanctions auxquelles s'exposent ceux qui ignorent les convocations.

Au-delà du cas sénégalais, cette situation illustre une difficulté récurrente en Afrique de l'Ouest : comment assurer une véritable redevabilité des gouvernants sortants sans que les mécanismes institutionnels ne se heurtent à l'obstruction ou à l'impunité perçue ? Les commissions d'enquête parlementaires disposent de prérogatives légales, mais leur capacité à contraindre des témoins récalcitrants dépend en grande partie de la volonté politique et des arsenaux juridiques en vigueur.

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