Fonds politiques : Abdourahmane Diouf accuse Sonko d'avoir vidé la caisse
La réaction du camp Pastef à ces accusations sera déterminante pour mesurer l'impact réel de cette controverse sur la trajectoire politique d'Ousmane Sonko, dont l'influence sur l'échiquier national demeure entière malgré sa sortie du gouvernement.

L'ancien Premier ministre Ousmane Sonko aurait non seulement épuisé l'intégralité de son enveloppe de fonds politiques, mais aurait également sollicité un abondement supplémentaire. C'est ce qu'affirme Abdourahmane Diouf, dans des déclarations qui relancent le débat sur la gestion des ressources publiques au sommet de l'exécutif sénégalais.
Selon Abdourahmane Diouf, Ousmane Sonko a consommé 1,77 milliard de francs CFA au titre des fonds politiques alloués à sa fonction de Premier ministre, avant de réclamer une dotation complémentaire. Ces fonds, par nature discrétionnaires et peu soumis à un contrôle public strict, sont traditionnellement mis à la disposition des hauts responsables de l'État pour couvrir des dépenses liées à l'exercice de leurs missions. Leur utilisation reste cependant une source récurrente de polémiques au Sénégal comme ailleurs sur le continent.
La révélation intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Ousmane Sonko, figure centrale du mouvement Pastef et longtemps présenté comme le pourfendeur de la mal-gouvernance, a exercé les fonctions de Premier ministre avant d'être relevé de ses fonctions. Son parcours au gouvernement, marqué par des tensions avec diverses institutions, est désormais scruté sous un angle nouveau par ses adversaires politiques, qui entendent y trouver des contradictions avec le discours de rupture qu'il a toujours porté.
La question des fonds politiques cristallise depuis des années les tensions entre exigence de transparence et nécessité opérationnelle reconnue aux gouvernants. Au Sénégal, ces dotations sont inscrites dans le budget de l'État mais échappent largement aux mécanismes ordinaires de reddition de comptes. Plusieurs pays africains ont engagé des réformes pour encadrer ce type de dépenses, sans toujours parvenir à les soumettre à un contrôle parlementaire ou juridictionnel effectif.
Pour les partisans de Sonko, ces accusations relèvent d'une offensive politique orchestrée pour ternir l'image d'un homme qui reste populaire auprès d'une large frange de la jeunesse sénégalaise. Du côté de ses détracteurs, en revanche, les chiffres avancés par Abdourahmane Diouf illustrent ce qu'ils décrivent comme un écart entre les promesses de rupture et la réalité de l'exercice du pouvoir.
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