Hassan Naciri rend visite au khalife général des Tidianes à Tivaouane
L'ambassadeur du Maroc au Sénégal a tenu à témoigner personnellement sa considération au chef de la confrérie tidiane. Une démarche qui illustre la densité des liens spirituels et diplomatiques entre Rabat et Dakar.

Hassan Naciri, représentant du Royaume du Maroc au Sénégal, s'est rendu vendredi à Tivaouane pour rencontrer Cheikh Boubacar Mansour Sy, khalife général de la Tariqa tidiane. Accompagné d'une délégation de l'ambassade, il est venu s'informer de l'état de santé du guide religieux, dans un geste qui mêle politesse protocolaire et respect sincère envers une autorité morale de premier plan.
Cette visite n'est pas anodine. La Tijaniyya est l'une des confréries soufies les plus répandues au monde, avec des millions de fidèles répartis sur le continent africain, au Maghreb et jusqu'en Asie. Fondée au XVIIIe siècle par Ahmed Tijani, un saint originaire d'Algérie dont la tombe se trouve à Fès, au Maroc, la confrérie entretient depuis ses origines des attaches profondes avec le Royaume chérifien. Tivaouane, ville sainte sénégalaise et siège du khalife général, constitue l'un des centres névralgiques de cette communauté spirituelle à l'échelle mondiale.
Pour le Maroc, cultiver des relations cordiales avec les grandes familles maraboutiques du Sénégal relève autant de la diplomatie religieuse que de la stratégie d'influence. Rabat s'appuie depuis plusieurs décennies sur la dimension soufie de l'islam pour asseoir son rayonnement en Afrique subsaharienne. Le roi Mohammed VI, commandeur des croyants, est d'ailleurs considéré par de nombreux fidèles tidianes comme un allié naturel, en raison de la présence du mausolée du fondateur de la confrérie sur le sol marocain.
Du côté sénégalais, les confréries jouent un rôle structurant que nul décideur étranger ne peut ignorer. Les Tidianes, les Mourides, les Layènes ou encore les Qadiriyyas ne sont pas de simples organisations religieuses ; elles orientent les comportements sociaux, influencent les dynamiques politiques et tissent des réseaux économiques qui traversent les frontières. Une visite auprès du khalife général vaut, dans ce contexte, bien davantage qu'un simple acte de courtoisie.
La démarche de l'ambassadeur marocain s'inscrit dans une pratique diplomatique bien rodée, celle qui consiste à entretenir des passerelles directes avec les autorités morales du pays hôte, en marge des canaux officiels. D'autres ambassades accréditées à Dakar procèdent de même, conscientes que la compréhension du Sénégal passe nécessairement par ses foyers religieux.
La visite de Hassan Naciri à Tivaouane rappelle, une fois de plus, que dans ce pays, la diplomatie et le fait religieux cheminent côte à côte, et que les relations entre le Maroc et le Sénégal se construisent tout autant dans les zaouïas que dans les salons feutrés des chancelleries.
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