Inondations au Sénégal : Diomaye passe de la parole aux actes
Les semaines à venir diront si cette volonté présidentielle se traduira par des mesures tangibles sur le terrain, là où des milliers de Sénégalais attendent toujours que l'eau reflue de leurs maisons.

Le président Bassirou Diomaye Faye a convoqué un Conseil des ministres exceptionnel le mardi 13 octobre au Palais de la République, signalant une rupture de méthode face aux inondations qui ravagent le pays. Fini les déclarations de circonstance ; le chef de l'État a opté pour une gestion directe et documentée de la crise.
Au cœur de cette réunion d'urgence, une décision majeure : ordonner un audit immédiat des défaillances du système d'assainissement. Cette démarche marque un tournant dans la manière dont les autorités entendent traiter un problème récurrent. Plutôt que de se cantonner à des annonces de solidarité, le président a imposé une feuille de route concrète à ses ministres, les plaçant devant leurs responsabilités.
Les inondations ne sont pas un phénomène nouveau au Sénégal. Depuis des décennies, les quartiers périphériques de Dakar et les villes de l'intérieur subissent chaque hivernage les mêmes ravages, faute d'infrastructures d'évacuation des eaux suffisantes. Des plans successifs, dont le célèbre Plan Jaxaay lancé après les inondations de 2005, ont tenté d'apporter des réponses durables, sans jamais régler le problème à la racine. L'accumulation des retards, des investissements mal orientés et des politiques de gestion urbaine peu cohérentes a entretenu une vulnérabilité chronique des populations les plus modestes.
L'enjeu dépasse le simple cadre technique. En Afrique de l'Ouest, la question des inondations urbaines est devenue un révélateur de la capacité des États à gérer l'urbanisation rapide et le dérèglement climatique. Dakar, comme Abidjan, Bamako ou Cotonou, concentre des populations toujours plus nombreuses dans des zones à risque, souvent livrées à elles-mêmes après les pluies. La réponse de l'État sénégalais sera donc observée bien au-delà de ses frontières.
La méthode choisie par Diomaye Faye, celle de l'audit préalable et de la responsabilisation des ministres, tranche avec les habitudes de gestion post-catastrophe souvent caractérisées par l'urgence désorganisée et les effets d'annonce. En exigeant un diagnostic rigoureux avant toute décision, le chef de l'État mise sur une approche structurée qui, si elle est menée jusqu'au bout, pourrait enfin permettre d'identifier les véritables nœuds du problème.
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