Kaolack : Serigne Mboup répond à ses détracteurs et appelle à l’unité autour de l’avenir de la ville...
Face aux critiques visant sa gestion, le maire de Kaolack, Serigne Mboup, défend son bilan, annonce des démarches pour clarifier les dossiers liés au patrimoine communal et réaffirme sa volonté de faire de la transparence et du dialogue les piliers de son action. À travers sa déclaration intitulée « Kaolack : notre amour, notre responsabilité », l’édile projette également la ville vers l’horizon 2035.

Le maire de Kaolack, Serigne Mboup, a fait face à la presse et sort de son silence face aux critiques et aux controverses entourant la gestion municipale. Dans une déclaration consacrée au Débat d’orientation budgétaire (DOB) participatif, à la préservation du patrimoine communal et au bilan de son équipe, l’édile a tenu à réaffirmer ses engagements, tout en appelant au dépassement des divisions politiques au profit de l’intérêt général.
« Aimer Kaolack, c’est la servir, la protéger et préparer son avenir », résume-t-il, donnant ainsi le ton d’une prise de parole qui se veut à la fois une réponse à ses détracteurs et une réaffirmation de sa vision pour la capitale du Saloum.
Sur le terrain de la gouvernance locale, Serigne Mboup met en avant la démarche participative engagée par la municipalité pour préparer les orientations budgétaires de 2027. Selon les chiffres communiqués par la mairie, au 6 octobre 2026, les consultations avaient couvert les 11 zones et les 51 quartiers de la commune, avec 176 fiches de besoins recensées.
Parmi celles-ci, 111 ont été classées comme urgentes, 51 doivent être examinées dans le cadre du budget 2027 et 14 sont destinées à une programmation à moyen terme. Les préoccupations exprimées concernent notamment l’assainissement, la voirie, l’éducation, la santé, les inondations, les marchés et l’éclairage public.
Le coût provisoire des besoins déjà chiffrés est estimé à 33,05 millions de FCFA, tandis que 78 fiches nécessitent encore des études ou des informations complémentaires.
À partir du 14 octobre, le maire prévoit de participer aux restitutions dans les différentes zones afin d’échanger directement avec les habitants sur les priorités et les capacités d’intervention de la collectivité.
L’autre volet majeur de sa déclaration concerne la sécurisation du patrimoine foncier de la commune. Le maire évoque des estimations de travail susceptibles de dépasser 20 000 hectares et une valeur patrimoniale potentiellement supérieure à 1 000 milliards de FCFA. Il précise toutefois que ces données doivent encore être confirmées par les documents fonciers et les expertises nécessaires.
Les dossiers relatifs à Médina Baye, Sing-Sing, au marché international et à certaines parcelles destinées aux équipements collectifs figurent parmi les questions que la municipalité souhaite clarifier.
Concernant le marché d’intérêt sous-régional, Serigne Mboup s’appuie sur les observations d’un rapport d’audit de l’ARCOP relatif à l’AGETIP. Celui-ci fait état d’un marché initial de 3,277 milliards de FCFA TTC, auquel s’ajoute un avenant de 926,4 millions de FCFA TTC, portant le montant contractuel total à environ 4,204 milliards de FCFA TTC.
Le rapport relève notamment des insuffisances concernant les études préalables, les caractéristiques du terrain et la préparation de l’avenant. Des interrogations subsistent également sur les remblais et leurs éventuelles conséquences sur l’écoulement des eaux.
Sur ce dossier sensible, le maire appelle à des éclaircissements documentés sur les travaux exécutés, les paiements effectués et les justificatifs disponibles. Il envisage, sur la base des éléments vérifiés, de saisir l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) ainsi que les autorités judiciaires compétentes si les faits le justifient.
L’édile souligne néanmoins que les observations d’audit ne constituent pas, à elles seules, une preuve de détournement. Une position qui inscrit sa démarche dans une exigence de transparence et de redevabilité, sans préjuger des conclusions d’éventuelles procédures.
« Nous ne cachons ni nos résultats ni nos limites »
Sur le bilan de son équipe depuis son élection en 2022, Serigne Mboup revendique des interventions dans plusieurs secteurs, notamment l’assainissement, l’éducation, la santé, les marchés, le sport et la jeunesse.
Il reconnaît cependant que des difficultés persistent, particulièrement en matière de voirie, d’entretien des canaux, d’assainissement et de gestion des eaux pluviales.
Loin de prétendre avoir résolu l’ensemble des problèmes de la ville, le maire affirme vouloir assumer aussi bien les acquis que les insuffisances de son administration.
« Nous ne cachons ni nos résultats ni nos limites. Notre bilan doit pouvoir être consulté, discuté et vérifié », soutient-il en substance dans sa déclaration.
Un message adressé à ses critiques, mais également une invitation à apprécier l’action municipale à partir de faits vérifiables et de résultats concrets.
Dans un contexte marqué par des divergences politiques, Serigne Mboup insiste sur la nécessité de préserver les institutions et de privilégier le dialogue. Il condamne les menaces, les pressions et les intimidations, tout en rappelant que la contradiction politique reste légitime dans une démocratie.
« La même loi pour tous. Les mêmes droits pour tous. Le même respect pour tous », martèle-t-il, appelant les différents acteurs à inscrire leurs divergences dans le cadre républicain.
Le maire réaffirme également sa disponibilité à la réconciliation, évoquant ses démarches de dialogue avec des personnalités religieuses de Touba et de Tivaouane ainsi que sa volonté de dépasser les clivages politiques.
À l’approche de l’arrivée de la flamme olympique à Kaolack, il invite les populations, toutes sensibilités confondues, à faire de cet événement un moment de fraternité et de fierté collective
Au-delà des urgences quotidiennes, Le maire de la ville kaolack défend une vision de transformation structurelle de Kaolack à l’horizon 2035. Parmi les projets évoqués figurent l’alimentation en eau potable, la réhabilitation du port, le développement ferroviaire, la création d’un port sec, une zone économique spéciale, des infrastructures sanitaires et des complexes commerciaux et hôteliers.
Le programme mentionne notamment 43,2 milliards de FCFA pour l’alimentation en eau potable, 90 milliards pour la réhabilitation du port, 30 milliards pour un port sec, 19 milliards pour une zone économique spéciale et 600 milliards pour la Nouvelle Ville de Kundam.
Ces montants sont présentés comme des estimations de programmation et non comme des financements déjà acquis. Leur concrétisation dépendra notamment des études, des mécanismes de financement et de la mobilisation des partenaires publics et privés.
À travers cette ambition, le maire veut positionner Kaolack comme un pôle économique majeur, capable de générer des emplois, d’améliorer les conditions de vie et de renforcer son attractivité.
En définitive, Serigne Mboup invite les Kaolackois à placer l’intérêt collectif au-dessus des rivalités. Pour lui, la protection du patrimoine, la transparence dans la gestion publique, l’amélioration des services municipaux et la préparation de l’avenir doivent constituer les priorités communes.
Sa déclaration apparaît ainsi comme une double démarche : répondre aux critiques adressées à sa gestion et défendre un projet de développement à long terme pour la capitale du Saloum.
Reste désormais à traduire les engagements annoncés en résultats mesurables et à apporter les éclaircissements attendus sur les dossiers sensibles du patrimoine communal.
Pour Serigne Mboup, l’avenir de Kaolack ne peut se construire dans la division, mais dans la responsabilité, la transparence et l’engagement collectif.
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