Karim Wade et Sonko, vers une alliance ? Un militant appelle au rapprochement
Un responsable politique se réclamant de l'héritage d'Abdoulaye Wade lance un appel au dialogue entre le Parti Démocratique Sénégalais et les partisans d'Ousmane Sonko, dans un contexte de recomposition profonde de l'échiquier politique sénégalais.

Amadou Lamine Faye, coordinateur de l'Alliance Panafricaniste et figure se présentant comme proche de l'ancien président Abdoulaye Wade, a pris publiquement position en faveur d'un rapprochement entre Karim Wade et Ousmane Sonko. Dans une déclaration relayée par Senego TV, il a esquissé sa vision d'une recomposition de l'opposition sénégalaise autour de ces deux figures, tout en évoquant le rôle que pourrait encore jouer Macky Sall dans le paysage politique national.
Ce plaidoyer intervient dans un moment charnière pour le Sénégal. Depuis l'élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence en mars 2024 et la nomination d'Ousmane Sonko comme Premier ministre, l'opposition cherche à se restructurer. Le PDS, parti fondé par Abdoulaye Wade et dont Karim Wade est désormais le secrétaire général, traverse une période de repositionnement après des années de turbulences judiciaires et politiques ayant affaibli sa présence sur le terrain.
Karim Wade, fils de l'ancien chef de l'État, réside à l'étranger depuis sa condamnation par la Cour de répression de l'enrichissement illicite en 2015, une décision que lui et son parti ont toujours contestée. Longtemps présenté comme adversaire déclaré de Sonko, il incarne pourtant, aux yeux de certains militants panafricanistes, une complémentarité possible avec le chef du gouvernement actuel, notamment sur les questions de souveraineté économique et de rupture avec les anciens équilibres politiques.
L'appel d'Amadou Lamine Faye reflète une tendance observable dans plusieurs pays africains, où les recompositions post-alternance poussent d'anciens adversaires à explorer des convergences inédites. Au Sénégal, la nouvelle majorité au pouvoir n'ayant pas encore consolidé toutes ses bases parlementaires et institutionnelles, certains acteurs politiques estiment que le moment est propice pour redessiner les alliances en dehors des clivages traditionnels.
La proposition reste cependant fragile. Les tensions historiques entre le mouvement de Sonko et le PDS, les divergences idéologiques entre les deux formations, ainsi que les contraintes liées à la situation personnelle de Karim Wade, constituent autant d'obstacles concrets à tout rapprochement. Aucune réaction officielle n'a été enregistrée du côté de Pastef ni du secrétariat général du PDS à ce stade.
La recomposition politique au Sénégal est donc loin d'être achevée, et les prochains mois diront si ces appels au dialogue trouvent un écho au-delà des cercles militants.
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