L'Adepme cible 250 femmes entrepreneures dans l'élevage ovin
Les prochains mois diront si ce programme parvient à s'imposer comme un modèle reproductible pour d'autres filières agricoles où l'entrepreneuriat féminin reste encore à consolider.

L'agence publique chargée d'appuyer les petites et moyennes entreprises vient de lancer un programme inédit centré sur les femmes actives dans la filière ovine au Sénégal. Un signal fort en direction d'un secteur traditionnellement dominé par les hommes.
L'Agence de développement et d'encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme) a officialisé le lancement du Programme d'autonomisation et d'intégration des entreprises féminines dans la filière ovine, connu sous l'acronyme PAIFFO. L'objectif central est de renforcer les capacités de 250 entreprises dirigées par des femmes dans ce segment de l'élevage, un secteur à fort potentiel économique mais où les femmes peinent encore à accéder aux ressources, aux marchés et aux financements.
La filière ovine occupe une place de choix dans l'économie sénégalaise, notamment en raison de la forte demande liée à la Tabaski, fête islamique du sacrifice qui mobilise chaque année des millions de ménages à travers le pays et génère un volume d'échanges considérable. Pourtant, les femmes qui interviennent dans cette chaîne de valeur, qu'il s'agisse de l'élevage, de la transformation ou de la commercialisation, restent largement sous-encadrées et peu visibles dans les statistiques officielles du secteur.
L'Adepme, créée pour structurer et dynamiser le tissu entrepreneurial sénégalais, élargit ainsi son champ d'action à une filière agricole stratégique. Cette démarche s'inscrit dans une tendance plus large observée sur le continent africain, où plusieurs pays cherchent à intégrer les femmes rurales et péri-urbaines dans des programmes formels de montée en compétences et d'accès au financement, reconnaissant leur rôle moteur dans la sécurité alimentaire et la création de richesse locale.
L'enjeu dépasse la simple formation. Accompagner des centaines d'entreprises féminines dans une filière aussi cyclique que l'élevage ovin suppose de répondre à des défis concrets : accès au foncier, maîtrise sanitaire des cheptels, circuits de distribution et capacité à négocier avec les acheteurs institutionnels. C'est précisément sur ces leviers que des programmes bien ciblés peuvent faire la différence entre une initiative symbolique et une transformation durable des pratiques.
La réussite du PAIFFO dépendra en grande partie de la qualité de l'accompagnement déployé sur le terrain et de sa capacité à toucher effectivement les femmes les plus éloignées des dispositifs publics, celles des zones périphériques et rurales où l'élevage ovin est souvent une activité de survie avant d'être une entreprise structurée.
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