L'économie bleue, nouveau cap stratégique du Sénégal pour rayonner en Afrique
Le président Bassirou Diomaye Faye a posé les jalons d'une ambition maritime forte : transformer le Sénégal en une plateforme logistique et économique de référence à l'échelle du continent africain.

C'est à l'occasion d'un forum international consacré au développement durable des transports maritimes et de la logistique dans l'économie bleue que le chef de l'État a développé sa vision. Devant les participants, il a présenté une stratégie structurée autour de la mer comme moteur central de la transformation économique du pays. Le message était clair : le Sénégal entend capitaliser sur sa position géographique privilégiée, en façade atlantique, pour se hisser au rang des grandes places maritimes africaines.
Cette orientation s'inscrit dans un contexte plus large. Le Sénégal dispose d'une façade maritime de plus de 700 kilomètres et d'un port autonome de Dakar qui constitue depuis des décennies l'une des principales portes d'entrée de l'Afrique de l'Ouest. Longtemps sous-exploité au regard de son potentiel, ce patrimoine maritime commence à occuper une place centrale dans les projections économiques du pays, notamment depuis la découverte de gisements de pétrole et de gaz offshore qui ont renforcé l'intérêt pour la zone maritime nationale.
L'économie bleue désigne l'ensemble des activités économiques liées aux océans et aux espaces maritimes : pêche, transport, tourisme côtier, énergies marines, ports et logistique. À l'échelle africaine, ce secteur reste largement en deçà de son potentiel, alors même que le continent possède des milliers de kilomètres de côtes et des ressources halieutiques considérables. Des pays comme le Maroc, l'Afrique du Sud ou le Ghana ont pris de l'avance dans certains segments de cette économie, ce qui place le Sénégal en situation de rattrapage autant que d'opportunité.
La stratégie présentée par le président Faye vise à faire converger plusieurs leviers : le renforcement des infrastructures portuaires, le développement de la logistique maritime et le positionnement du Sénégal comme hub régional au service des pays de l'hinterland, notamment ceux sans accès direct à la mer comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger. Dans un espace ouest-africain où les chaînes d'approvisionnement restent fragmentées et coûteuses, un Sénégal mieux équipé et mieux organisé sur le plan maritime pourrait jouer un rôle structurant pour toute la région.
Cette ambition maritime du chef de l'État intervient dans un contexte politique où son gouvernement cherche à donner corps au projet «Sénégal 2050», cadre de planification à long terme visant la souveraineté économique et la diversification des richesses nationales. La mer, longtemps perçue comme une ressource naturelle à exploiter de façon artisanale, est désormais présentée comme un espace stratégique à gouverner et à valoriser de manière industrielle et durable.
La tenue de ce forum international marque une étape dans la construction de cette vision ; les décisions concrètes qui en découleront, en matière d'investissements, de partenariats et de réformes réglementaires, diront si le cap fixé par Diomaye Faye peut se traduire en réalité tangible pour les acteurs économiques sénégalais et africains.
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