Lansana Gagny Sakho : « Ousmane Sonko n’a jamais choisi la République »
Lansana Gagny Sakho, figure qui a longtemps côtoyé Ousmane Sonko dans les cercles politiques, sort du silence pour porter des accusations lourdes contre le président de l'Assemblée nationale.

L'ancien proche d'Ousmane Sonko n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Dans des déclarations récentes, Lansana Gagny Sakho affirme que le leader de Pastef n'a jamais véritablement adhéré aux valeurs républicaines, dénonçant ce qu'il présente comme une volonté de soumettre les institutions judiciaires à des pressions politiques. Des mots forts, prononcés par quelqu'un qui dit connaître l'homme de l'intérieur.
Cette prise de parole s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes autour de la gouvernance du Sénégal depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition Pastef. Ousmane Sonko, qui occupe désormais la présidence de l'Assemblée nationale après avoir longtemps incarné l'opposition la plus virulente au régime de Macky Sall, est régulièrement au centre de polémiques sur la séparation des pouvoirs et le rapport de son camp aux institutions.
Les critiques de Sakho portent sur deux axes précis : une absence supposée de culture républicaine et une tentative d'interférence avec le cours de la justice. Ces reproches ne sont pas nouveaux dans le paysage politique sénégalais ; ils ont souvent été brandis contre des acteurs du pouvoir, quel que soit le bord. Ce qui change ici, c'est qu'ils viennent d'un homme qui partageait jadis les mêmes combats que Sonko, ce qui leur confère un poids particulier dans l'opinion.
La trajectoire de Sonko reste l'une des plus singulières de l'Afrique de l'Ouest contemporaine : ancien inspecteur des impôts limogé, fondateur d'un parti antisystème, plusieurs fois rattrapé par la justice avant de se retrouver au sommet des institutions qu'il contestait. Ce retournement de situation nourrit les interrogations sur la capacité des mouvements populistes à gouverner dans le respect des équilibres institutionnels, une question que se posent bien d'autres démocraties africaines en mutation.
La parole de Sakho ne manquera pas de susciter des réactions dans le camp de Pastef, habitué à percevoir ce type de sorties comme des manœuvres de déstabilisation ; la réponse du principal intéressé sera scrutée de près par une opinion publique sénégalaise de plus en plus attentive aux fractures au sein de l'ancienne opposition devenue pouvoir.
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