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Le Quotidien fête 7 000 numéros et règle ses comptes avec Pastef

Le journal *Le Quotidien* a marqué lundi la parution de son 7 000e numéro, une étape que son administrateur a saisie pour dénoncer frontalement ce qu'il décrit comme une volonté du régime de Pastef de fragiliser la presse sénégalaise.

Le Quotidien fête 7 000 numéros et règle ses comptes avec Pastef
Le Quotidien fête 7 000 numéros et règle ses comptes avec Pastef — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Vingt-quatre ans après sa création, *Le Quotidien* continue de paraître. Son administrateur, Serigne Saliou Diagne, fils du fondateur Madiambal Diagne, a profité de cet anniversaire symbolique pour dresser un bilan qui dépasse largement les chiffres de tirage. Dans une déclaration ferme, il a affirmé que le journal a résisté à ce qu'il qualifie d'«entreprise de déstructuration» orchestrée contre les médias indépendants depuis l'arrivée au pouvoir de Pastef et de son leader Ousmane Sonko.

*Le Quotidien* n'est pas à sa première épreuve. Depuis sa fondation au début des années 2000, le journal a traversé plusieurs crises politiques et économiques qui ont emporté d'autres titres de la presse sénégalaise. Madiambal Diagne lui-même, figure controversée mais incontournable du paysage médiatique national, a régulièrement été au cœur de tensions avec les pouvoir successifs. La relation entre son journal et Pastef s'est particulièrement détériorée durant les années de confrontation entre Sonko et le régime de Macky Sall, période pendant laquelle les lignes éditoriales des uns et des autres se sont souvent heurtées.

La presse sénégalaise traverse depuis plusieurs années une crise structurelle profonde, mêlant difficultés financières, pressions politiques et mutations numériques. Depuis l'alternance de mars 2024 qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la présidence avec Sonko comme Premier ministre, plusieurs organes de presse ont signalé des tensions nouvelles avec les autorités. Les accusations portées par Serigne Saliou Diagne s'inscrivent dans ce contexte plus large, où la question de l'indépendance des médias face au pouvoir politique demeure un sujet sensible au Sénégal comme dans de nombreux pays africains.

La liberté de la presse reste un indicateur scruté de près sur le continent. Des organisations internationales de défense des médias ont régulièrement pointé les obstacles auxquels font face les journalistes en Afrique de l'Ouest, qu'il s'agisse de poursuites judiciaires, de coupures de signaux ou de pressions économiques exercées via la publicité d'État. En brandissant le cap des 7 000 numéros comme un acte de résistance, *Le Quotidien* entend signifier que sa survie constitue en elle-même une réponse aux pressions subies.

Pastef n'a pas encore réagi publiquement aux déclarations de l'administrateur du journal. La nature des accusations portées et l'audience dont bénéficie *Le Quotidien* dans le milieu médiatique sénégalais laissent toutefois présager que cet échange ne restera pas sans suite dans un paysage politique et médiatique déjà très agité.

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