Le Sénégal à la tête d'un comité ministériel africain pour l'économie solidaire
Les participants au FORA’ESS ont adopté la Déclaration de Dakar, créant un comité ministériel présidé par le ministre sénégalais Alioune Dione pour promouvoir l’économie sociale et

Réunis à Dakar dans le cadre du FORA'ESS, des représentants de plusieurs pays africains ont adopté la Déclaration de Dakar et confié au ministre sénégalais Alioune Dione la présidence d'un nouveau comité consultatif de ministres dédié à l'économie sociale et solidaire.
Le Forum africain de l'économie sociale et solidaire, connu sous le sigle FORA'ESS, a tenu sa session à Dakar avec pour résultat concret la mise en place d'une instance politique continentale. Ce comité consultatif, composé de ministres des pays participants, a pour vocation d'impulser et de coordonner les politiques publiques liées à l'économie sociale et solidaire à l'échelle du continent africain.
Le choix de porter Alioune Dione à la tête de cette structure n'est pas anodin. Le Sénégal s'est progressivement positionné comme un acteur engagé dans la promotion des modèles économiques alternatifs, fondés sur la coopération, la mutualité et l'intérêt collectif plutôt que sur la seule logique du profit. Ces modèles regroupent notamment les coopératives, les mutuelles de santé, les groupements d'intérêt économique et diverses formes d'entrepreneuriat communautaire, secteurs dans lesquels le pays dispose d'une expérience ancienne et d'un tissu associatif dense.
L'économie sociale et solidaire représente un enjeu stratégique pour l'Afrique, où une large part de la population active évolue dans le secteur informel. En structurant et en valorisant ces pratiques économiques endogènes, les États peuvent espérer réduire les inégalités, renforcer la résilience des communautés et créer des emplois dignes, notamment pour les jeunes et les femmes. La Déclaration de Dakar entend traduire ces ambitions en engagements politiques concrets et mesurables.
La création d'un comité ministériel permanent marque un changement d'échelle par rapport aux simples déclarations d'intention qui ont souvent caractérisé les forums continentaux précédents. En dotant le processus d'une structure de gouvernance politique, les participants signifient leur volonté de passer du stade des bonnes intentions à celui de la mise en oeuvre coordonnée de réformes nationales et de coopérations régionales.
La prochaine étape sera de voir comment ce comité traduira ses orientations en feuilles de route nationales, et si les États membres dégageront les ressources nécessaires pour donner à l'économie solidaire la place qu'elle mérite dans leurs politiques de développement.
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