Le TER vers Thiès : l'État, l'AFD et l'UE s'engagent ensemble
La prochaine étape sera de transformer ce mémorandum en engagements financiers concrets, avant que les travaux ne puissent commencer sur ce tronçon très attendu par les populations de la région de Thiès.

L'extension du Train Express Régional jusqu'à la capitale du Rail franchit un cap décisif. Un mémorandum d'entente a été signé entre les autorités sénégalaises, l'Agence française de développement et l'Union européenne pour concrétiser ce projet structurant.
Le ministère des Transports terrestres et aériens, la Société nationale de gestion du patrimoine du TER (SEN-TER SA), l'Agence française de développement (AFD) et l'Union européenne ont formalisé leur coopération autour de l'extension du TER jusqu'à Thiès. La signature de ce mémorandum d'entente marque l'entrée du projet dans une phase opérationnelle après une longue période de gestation. Elle constitue le cadre juridique et financier à partir duquel les études et les négociations plus précises pourront s'engager.
Le TER, inauguré en 2021 après plusieurs années de travaux et de retards, relie aujourd'hui Dakar à l'Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) de Diass sur un trajet d'environ 55 kilomètres. Pensé dès l'origine comme un axe extensible, il était prévu que la ligne atteigne Thiès dans une seconde phase. Avec ses quelque 350 000 habitants, Thiès est la troisième ville du Sénégal et un nœud ferroviaire historique. Elle abrite notamment les ateliers ferroviaires les plus importants d'Afrique de l'Ouest, héritage de l'époque coloniale.
L'enjeu de cette extension dépasse la simple question de mobilité urbaine. Connecter Dakar à Thiès par un train moderne, c'est désengorger un axe routier parmi les plus saturés du pays, réduire les accidents et la pollution, mais aussi dynamiser le tissu économique de toute la zone intermédiaire. Pour les travailleurs et les étudiants qui font quotidiennement la navette entre les deux villes, une liaison ferroviaire rapide et fiable représenterait un gain de temps considérable.
La présence de l'AFD et de l'Union européenne dans ce schéma de financement s'inscrit dans une logique plus large. Le continent africain est au cœur des ambitions européennes en matière d'infrastructures, notamment à travers le dispositif Global Gateway, lancé par Bruxelles pour concurrencer les financements chinois dans les pays en développement. Pour le Sénégal, mobiliser des partenaires financiers multiples autour d'un projet aussi visible est aussi une façon de diversifier ses sources de financement et de réduire sa dépendance à un seul bailleur.
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