Les cordonniers de la Médina reçoivent leurs attestations, le ministre promet une nouvelle ère pour l'artisanat
La prochaine étape sera de vérifier si ces annonces se traduisent par des mesures budgétaires et des réformes institutionnelles capables de transformer durablement le quotidien des artisans sénégalais.

Le ministre de la Culture, de l'Artisanat et du Tourisme, Alpha Thiam, a remis mardi 7 juillet 2026 leurs attestations de formation à des artisans cordonniers de la Médina, marquant un engagement concret de l'État envers un secteur longtemps laissé à lui-même.
La cérémonie s'est tenue à Dakar dans une ambiance solennelle. Les cordonniers de la Médina, quartier historique de la capitale sénégalaise connu pour son activité artisanale dense, ont reçu la reconnaissance officielle de leur formation. Le ministre Alpha Thiam a présidé personnellement l'événement, soulignant par sa présence l'importance que le gouvernement entend désormais accorder à ces métiers manuels traditionnels. Cette initiative s'inscrit dans un effort d'accompagnement des artisans dont les activités ont traversé une période difficile.
L'artisanat sénégalais représente un pilier de l'économie informelle, source de revenus pour des centaines de milliers de familles à travers le pays. La cordonnerie, en particulier, incarne un savoir-faire transmis de génération en génération dans des quartiers populaires comme la Médina. Pourtant, ce secteur a longtemps souffert d'un manque de structuration, d'accès au financement et de reconnaissance institutionnelle. Les formations certifiées constituent un premier pas vers une professionnalisation qui permettrait à ces artisans de mieux se positionner sur le marché local et régional.
L'enjeu dépasse largement le cadre symbolique. En Afrique de l'Ouest, plusieurs pays ont engagé des politiques volontaristes pour valoriser leur artisanat national, à l'image du Maroc avec ses labels «Maroc Artisanat» ou du Mali avec ses structures de promotion des métiers traditionnels. Le Sénégal, qui dispose d'un vivier de talents reconnus à l'international, notamment dans la maroquinerie, la bijouterie et le textile, peine encore à transformer ce potentiel en filière économique structurée et compétitive. L'attestation de formation est un outil modeste mais concret pour engager ce changement.
Le ministre Thiam a également annoncé une nouvelle dynamique pour le secteur, sans que les contours précis de cette orientation aient été détaillés lors de la cérémonie. Le vocable «Made in Sénégal», mis en avant à cette occasion, renvoie à une aspiration plus large : faire des produits artisanaux locaux une fierté nationale et un levier d'exportation, à l'heure où la demande mondiale pour les créations africaines authentiques ne cesse de croître.
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