Macky Sall à l'ONU : le retour à Dakar se profile
La candidature de l'ancien président sénégalais au secrétariat général des Nations unies traverse une zone de turbulences diplomatiques, ouvrant la voie à un possible retrait de la course internationale.

Depuis sa défaite électorale de mars 2024 face à Bassirou Diomaye Faye, Macky Sall s'est installé hors du Sénégal, multipliant les contacts diplomatiques en vue de briguer le poste de secrétaire général des Nations unies, dont le mandat d'António Guterres s'achève en 2026. Cette ambition, soutenue initialement par plusieurs capitales africaines et arabes, semble aujourd'hui se heurter à des résistances croissantes sur l'échiquier international, fragilisant une candidature qui n'a jamais encore obtenu de soutien officiel de la communauté internationale dans son ensemble.
Le contexte dans lequel cette candidature a émergé est lui-même particulier. Macky Sall quitte le pouvoir dans un pays en pleine effervescence politique, marqué par une transition tumultueuse. Son successeur, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko ont engagé une rupture politique affichée avec l'ère Sall, notamment à travers des audits des finances publiques et des poursuites judiciaires visant des proches de l'ancien régime. Dans ce climat, un retour de Macky Sall à Dakar prendrait une signification politique forte, bien au-delà d'un simple changement de résidence.
Sur le plan africain, la course au secrétariat général de l'ONU reste un sujet sensible. Le continent réclame depuis longtemps une représentation plus équitable au sommet des grandes institutions multilatérales. Plusieurs personnalités africaines ont, par le passé, nourri cette ambition, à l'image de Boutros Boutros-Ghali, Égyptien qui dirigea l'organisation de 1992 à 1996, ou de Kofi Annan, Ghanéen qui lui succéda jusqu'en 2006. Une candidature africaine crédible suppose aujourd'hui un front diplomatique solide, que Macky Sall peine visiblement à constituer.
Les raisons d'un éventuel repositionnement de l'ancien président sénégalais restent à préciser. Toutefois, les signaux qui se dégagent indiquent que les équilibres diplomatiques autour de sa candidature évoluent dans un sens défavorable. Un retour au pays pourrait lui permettre de reprendre pied sur la scène politique nationale, dans laquelle son parti, l'Alliance pour la République, cherche à se reconstruire dans l'opposition face au pouvoir en place.
La question de savoir si Macky Sall choisit de poursuivre sa campagne internationale ou de réorienter son action vers le terrain sénégalais déterminera largement son rôle dans les prochains chapitres politiques d'un pays qui, lui, ne s'est pas mis en pause.
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