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Nitdoff claque la porte du FDCUIC : la rupture d'un artiste avec le pouvoir

Dans un message diffusé sur ses réseaux sociaux, le rappeur Nitdoff est revenu sur les raisons qui l'ont poussée à quitter son poste de PCA du FDCUIC. L'artiste explique avoir acce

Nitdoff claque la porte du FDCUIC : la rupture d'un artiste avec le pouvoir
Nitdoff claque la porte du FDCUIC : la rupture d'un artiste avec le pouvoir — Photo : A l'heure / À l'Heure
Politique

Le rappeur Nitdoff a annoncé sa démission du poste de président du conseil d'administration du Fonds de développement culturel et de l'utilisation des industries créatives (FDCUIC), invoquant une désillusion profonde vis-à-vis de l'exercice du pouvoir par Pastef.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, l'artiste a expliqué les ressorts de sa décision. Il affirme avoir rejoint cette institution culturelle par conviction politique, animé par des valeurs qu'il associait au projet de Pastef : la souveraineté et la lutte contre un système qu'il jugeait défaillant. Ce sont précisément ces idéaux, dit-il, qu'il ne retrouve plus dans la pratique quotidienne du pouvoir, ce qui l'a conduit à rendre son tablier.

Cette démission s'inscrit dans un contexte plus large de questionnements autour de la gouvernance culturelle au Sénégal. Depuis l'arrivée de Pastef aux affaires, plusieurs figures issues de la société civile, du monde artistique et intellectuel avaient été associées à la gestion des institutions publiques, au nom d'une rupture affichée avec les pratiques de l'ancien régime. La désillusion de Nitdoff illustre les tensions qui peuvent naître entre les attentes des sympathisants et les contraintes réelles de l'exercice du pouvoir.

Le cas de cet artiste rappelle une trajectoire connue en Afrique de l'Ouest : celle des personnalités culturelles mobilisées lors des transitions politiques, puis progressivement marginalisées ou déçues une fois le pouvoir installé. Au Sénégal comme ailleurs sur le continent, la récupération des figures populaires à des fins de légitimation électorale est une pratique ancienne, qui se heurte souvent à la réalité administrative et politique une fois les urnes fermées.

Le FDCUIC, structure chargée de soutenir la création et les industries culturelles au Sénégal, occupe une position stratégique dans un secteur qui peine encore à obtenir les financements et la reconnaissance institutionnelle à la hauteur de son poids économique et social. La démission de son PCA, figure publique dotée d'une audience certaine, risque donc d'attirer une attention nouvelle sur le fonctionnement et les orientations de cette structure.

La question qui se pose désormais est celle de la suite que Pastef entend donner à cette affaire : nommer un successeur en rupture avec le profil «artiste engagé» ou, au contraire, maintenir cette logique de passerelle entre culture et politique que le parti a cultivée depuis son opposition.

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