Révision de la constitution : le capitaine Touré plaide pour le dialogue avant toute réforme
Le militaire et figure politique Seydina Oumar Touré s'oppose à toute précipitation dans l'élaboration d'une nouvelle Constitution, estimant qu'un tel chantier exige au préalable un large consensus national.

Alors que la question d'une refonte constitutionnelle s'invite dans le débat public sénégalais, le capitaine Seydina Oumar Touré appelle à la prudence. Pour lui, rien ne justifie d'accélérer l'adoption d'un nouveau texte fondamental en dehors d'un accord collectif entre les différentes forces politiques et sociales du pays. Il privilégie clairement la voie référendaire, seule procédure à même, selon lui, de conférer à une telle réforme sa pleine légitimité démocratique.
Le capitaine Touré ancre son propos dans la réalité politique actuelle en rappelant que le président Bassirou Diomaye Faye dispose d'une légitimité électorale solide, issue d'un scrutin reconnu. Cette légitimité, souligne-t-il, ne saurait cependant suffire à justifier une révision profonde des fondements institutionnels du pays sans associer l'ensemble des acteurs concernés. Gouverner avec un mandat populaire ne signifie pas réformer seul les règles du jeu commun.
Le Sénégal a déjà connu plusieurs tentatives de réforme constitutionnelle aux fortunes diverses. En 2016, sous la présidence de Macky Sall, un référendum avait abouti à des modifications significatives de la Constitution de 2001, notamment la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans. L'histoire récente du pays montre que les réformes menées sans concertation suffisante ont souvent alimenté des crises politiques durables, tandis que celles portées par un dialogue inclusif ont trouvé une adhésion plus large dans la société.
À l'échelle du continent africain, la question des réformes constitutionnelles reste un terrain sensible. De nombreux pays ont vu des présidents modifier leur constitution pour étendre leur maintien au pouvoir, suscitant des contestations populaires parfois violentes. Dans ce contexte, l'appel au consensus lancé par le capitaine Touré résonne comme un rappel utile : une constitution n'est pas un simple texte juridique, c'est le contrat social d'une nation, et sa révision engage bien davantage que la seule volonté de l'exécutif.
La position du capitaine Touré reflète une tension plus large au sein de la classe politique sénégalaise entre le désir de réforme institutionnelle porté par le nouveau pouvoir et la nécessité de bâtir des changements durables sur des bases partagées. Le débat sur la méthode, autant que sur le fond, promet d'occuper le champ politique dans les mois à venir.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de ses alliés, qui devront arbitrer entre l'ambition réformatrice affichée depuis l'arrivée au pouvoir du président Diomaye et les exigences d'un processus qui, pour être légitime, devra nécessairement passer par une consultation large de la société sénégalaise.
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