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Nucléaire iranien : Washington et Téhéran reprennent langue à Genève

Les négociations entre les États-Unis et l’Iran ont officiellement débuté ce dimanche en Suisse, dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. Ces discussions, qualifiées d’

Nucléaire iranien : Washington et Téhéran reprennent langue à Genève
Nucléaire iranien : Washington et Téhéran reprennent langue à Genève — Photo : A l'heure / À l'Heure
Monde

Les États-Unis et l'Iran ont engagé ce dimanche en Suisse des pourparlers diplomatiques directs, dans un contexte régional particulièrement tendu au Moyen-Orient. Une reprise du dialogue que plusieurs responsables américains présentent comme un tournant potentiel.

C'est sur sol helvétique, territoire traditionnellement choisi pour les négociations sensibles, que les deux puissances ont choisi de renouer le contact. La Suisse, pays neutre et non membre de l'OTAN, joue depuis longtemps le rôle de canal discret entre Washington et Téhéran, deux États qui n'entretiennent plus de relations diplomatiques officielles depuis la révolution islamique de 1979 et la prise d'otages à l'ambassade américaine.

Les discussions portent sur les divergences profondes qui opposent les deux pays, au premier rang desquelles figure le programme nucléaire iranien. Ce dossier empoisonne les relations internationales depuis plus de deux décennies. L'accord de Vienne, signé en 2015 sous l'administration Obama et qui avait permis une levée partielle des sanctions contre Téhéran en échange d'un gel de ses activités nucléaires, avait volé en éclats en 2018 lorsque Donald Trump avait décidé le retrait unilatéral des États-Unis. Depuis, les tentatives de relance ont achoppé les unes après les autres.

Pour l'Afrique, et pour le Sénégal en particulier, ces négociations ne sont pas sans conséquences concrètes. Une escalade militaire au Moyen-Orient ferait peser une pression supplémentaire sur les prix du pétrole et des denrées alimentaires, deux variables auxquelles les économies africaines restent très exposées. Le Sénégal, à l'heure où il développe ses propres ressources gazières et pétrolières, surveille de près la stabilité des marchés énergétiques mondiaux. Une désescalade diplomatique entre Washington et Téhéran serait, dans ce sens, une bonne nouvelle pour Dakar comme pour l'ensemble du continent.

Au-delà des enjeux économiques, cette reprise du dialogue illustre une tendance plus large : la diplomatie multilatérale regagne du terrain face aux logiques de confrontation. L'Union africaine, qui plaide régulièrement pour un règlement pacifique des crises internationales, ne peut qu'observer avec intérêt ce retour à la table des négociations. Plusieurs États africains, dont le Sénégal, maintiennent des relations commerciales et diplomatiques avec l'Iran, ce qui leur confère une position délicate mais aussi une certaine marge d'influence morale dans les appels à la retenue.

La communauté internationale retient son souffle : les rounds de négociations à venir diront si cette reprise du dialogue en Suisse marque un véritable réengagement des deux parties ou n'est qu'une pause tactique dans une rivalité qui dure depuis près d'un demi-siècle.

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