Par devoir et par responsabilité, notre choix est BON , LE GÉNÉRAL a un bon profil et nous allons le soutenir.
Regard sur une analyse récente relative à la candidature du Général Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO

Par devoir et par responsabilité, notre choix est BON , LE GÉNÉRAL a un bon profil et nous allons le soutenir.
Regard sur une analyse récente relative à la candidature du Général Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO
Nous avons récemment vu un compatriote soutenir, avec beaucoup d’assurance, que la candidature du Général Birame Diop à la présidence de la Commission de la CEDEAO constituerait une menace pour l’organisation régionale. Une telle prise de position mérite d’être discutée, non parce qu’elle exprime un désaccord, mais parce que les enjeux liés à l’avenir de la CEDEAO exigent davantage que des affirmations catégoriques. Ils appellent une analyse rigoureuse, cohérente et fidèle aux faits.
À la lecture de cette contribution, une première impression s’impose : malgré son ton alarmiste et ses prédictions inquiétantes, elle ne parvient jamais à démontrer sa thèse principale, à savoir que le Général Birame Diop serait inapte à diriger la Commission de la CEDEAO.
Au fond, tout le raisonnement repose sur un postulat simple : le Général Birame Diop a été militaire ; dès lors, il ne devrait pas accéder à cette responsabilité. Or cette prémisse soulève elle-même une contradiction majeure.
Le même texte rend en effet hommage au Général Yakubu Gowon, reconnu comme l’un des principaux artisans de la création de la CEDEAO. Une question s’impose alors naturellement : si l’expérience militaire est, par nature, incompatible avec les idéaux de la Communauté, comment expliquer que l’un de ses fondateurs les plus emblématiques soit précisément un général ?
Le Général Gowon n’était pas un ancien officier retiré des affaires publiques. Il était Chef d’État en exercice lors de la création de la CEDEAO en 1975. Son leadership est aujourd’hui célébré dans toute la sous-région. Dès lors, il paraît difficile de soutenir simultanément que l’héritage d’un général fondateur mérite d’être salué, tout en affirmant que le seul passé militaire d’un autre général constituerait une disqualification presque automatique.
On ne peut raisonnablement défendre ces deux positions à la fois.
Soit l’expérience militaire est intrinsèquement incompatible avec l’esprit de la CEDEAO, auquel cas l’exemple historique du Général Gowon devient difficile à concilier avec cette thèse ; soit elle ne constitue pas, en elle-même, un obstacle à l’exercice de responsabilités régionales, auquel cas l’argument central de cette analyse perd une grande partie de sa force.
La réalité est que les grandes institutions ne jugent pas les femmes et les hommes à partir de leur profession d’origine. Elles les évaluent au regard de leurs compétences, de leur intégrité, de leur expérience et de leur engagement au service de l’intérêt général.
Une autre faiblesse importante réside dans la confusion entretenue entre la carrière militaire et l’exercice d’une fonction civile. Le Général Birame Diop n’est pas proposé pour diriger une armée ni conduire des opérations militaires. Il est pressenti pour assurer la direction politique et administrative d’une institution régionale.
Partout dans le monde, d’anciens officiers ont exercé avec succès des responsabilités civiles, diplomatiques ou internationales sans que cela ne remette en cause les principes démocratiques. La véritable question n’est donc pas celle de la profession exercée plusieurs années auparavant, mais celle des compétences requises pour la fonction envisagée.
Or, à aucun moment, cette contribution n’explique pourquoi un ancien militaire devrait être frappé d’une forme d’inéligibilité permanente à toute responsabilité civile.
Plus révélateur encore, elle ne remet jamais véritablement en cause les qualités personnelles du Général Birame Diop. Aucune accusation d’incompétence, de corruption, de manquement éthique ou d’extrémisme n’est formulée à son encontre. La critique repose exclusivement sur son passé militaire. Ce qui se présente comme une objection de principe finit ainsi par s’apparenter davantage à un préjugé professionnel.
Le silence observé sur son parcours est également frappant. Son expérience au sein des Nations Unies, où il a exercé de hautes responsabilités dans les domaines de la paix, de la prévention des conflits et de la coopération internationale, est à peine évoquée. De même, son parcours académique, notamment au Centre africain d’études stratégiques (ACSS), témoigne d’une expertise reconnue en matière de gouvernance, de sécurité et de leadership stratégique.
Une analyse équilibrée aurait examiné l’ensemble de ces éléments avant de tirer des conclusions.
Une autre affirmation mérite également d’être interrogée : celle selon laquelle un ancien général manquerait d’autorité morale pour condamner un coup d’État. Rien ne permet d’établir une telle équation. L’attachement aux principes démocratiques dépend des convictions, des actes et du comportement des individus, non de leur ancienne profession. Poussée jusqu’à son terme, une telle logique conduirait à considérer qu’un ancien magistrat ne pourrait réformer la justice ou qu’un ancien policier ne pourrait défendre les libertés publiques.
La démonstration devient également fragile lorsqu’elle suggère que cette candidature serait inspirée par des influences extérieures. Une telle hypothèse est grave. Elle appelle donc des preuves. Or aucune n’est avancée. Aucun document, aucun fait précis, aucun élément vérifiable ne vient étayer cette insinuation. Le lecteur est invité à soupçonner sans disposer des moyens de vérifier.
Le recours constant à des scénarios catastrophistes constitue enfin une autre faiblesse du raisonnement. Présenter l’éventuelle élection du Général Birame Diop comme le « glas » de la CEDEAO ou comme une menace existentielle pour l’organisation relève davantage de la dramatisation que de la démonstration. La solidité d’une institution régionale dépend de mécanismes collectifs, de traités, de la volonté des États membres et de leur gouvernance, non de la seule profession antérieure d’un candidat.
Plus largement, cette analyse paraît peu attentive aux défis actuels de l’Afrique de l’Ouest. Terrorisme, criminalité transfrontalière, instabilité politique, crises constitutionnelles et recomposition régionale constituent autant de défis qui rendent précieuse une solide expérience en matière de paix, de sécurité et de diplomatie internationale. Que l’on soutienne ou non cette candidature, il est légitime de considérer que de telles compétences peuvent représenter un atout.
Au terme de cette lecture, une conclusion s’impose. Rien ne démontre qu’un ancien militaire serait, par nature, incapable de présider la Commission de la CEDEAO. Rien ne démontre davantage que le Général Birame Diop manquerait des qualités requises pour exercer cette responsabilité.
Le débat mérite mieux que des présupposés liés à une profession exercée par le passé. Il devrait porter sur les critères qui fondent toute grande responsabilité publique : la compétence, l’expérience, le leadership, l’intégrité, la vision et la capacité à servir les intérêts des peuples ou
est-africains.
C’est sur ces critères, et sur eux seuls, que devraient être appréciées les candidatures à la présidence de la Commission de la CEDEAO.
Abdoulaye VILANE, citoyen de communauté CEDEAO ,
ancien député Parlementaire de la CEDEAO,
Membre du collège des anciens Parlementaires élus de l'état du Sénégal.
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