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PASTEF contre l'opposition : la bataille des agendas s'intensifie

Le débat politique sénégalais se cristallise autour d'une fracture de plus en plus visible entre le parti au pouvoir et ses adversaires, chacun campant sur une lecture radicalement différente de l'enjeu des prochaines échéances.

PASTEF contre l'opposition : la bataille des agendas s'intensifie
PASTEF contre l'opposition : la bataille des agendas s'intensifie — Photo : A l'Heure / À l'Heure
Politique

Alioune Badara Mboup, coordonnateur de PASTEF dans le département de Tivaouane, a pris la parole sur les réseaux sociaux pour fixer ce qu'il considère comme la ligne de partage fondamentale de la vie politique nationale. D'un côté, selon lui, un parti de gouvernement tourné vers la transformation du Sénégal ; de l'autre, une opposition qu'il décrit comme entièrement absorbée par un seul objectif : empêcher Ousmane Sonko d'exercer pleinement son rôle. Une lecture offensive qui en dit autant sur la stratégie de communication de PASTEF que sur l'état des rapports de force actuels.

Ce type de discours s'inscrit dans une longue tradition de la politique sénégalaise, où le parti au pouvoir cherche systématiquement à présenter ses adversaires comme des forces de blocage plutôt que comme des acteurs porteurs d'alternatives crédibles. Sous Abdoulaye Wade comme sous Macky Sall, les formations gouvernantes ont souvent recouru à ce cadrage rhétorique pour délégitimer toute contestation, en réduisant l'opposition à un rôle purement obstructif. PASTEF, qui s'était lui-même longtemps défini en rupture avec ces pratiques, semble aujourd'hui emprunter un chemin similaire.

L'enjeu dépasse pourtant la simple joute verbale. En nommant Sonko comme cible explicite des manœuvres adverses, la base militante de PASTEF entretient une dynamique de mobilisation identitaire autour de son leader, une mécanique éprouvée qui permet de resserrer les rangs en interne tout en présentant chaque critique comme une attaque contre le projet collectif. Cette personnalisation du débat politique, fréquente en Afrique de l'Ouest, comporte néanmoins un risque : elle tend à occulter les questions programmatiques concrètes au profit d'une logique de confrontation permanente.

Du côté de l'opposition, les formations concernées contestent cette présentation des choses et revendiquent des projets alternatifs distincts de la seule opposition à Sonko. Elles dénoncent, de leur côté, une tendance du pouvoir à interpréter toute critique comme une forme de sabotage, ce qui rend le dialogue politique difficile à établir sur des bases sereines.

La scène politique sénégalaise se retrouve ainsi prise entre deux récits incompatibles, chacun cherchant à s'imposer avant les prochaines confrontations électorales. La question qui s'ouvre désormais est de savoir si l'un ou l'autre camp sera capable de dépasser cette guerre des narrations pour soumettre au débat public des propositions concrètes sur les défis économiques et sociaux auxquels le pays fait face.

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