Dakar 28°C · ciel clairE-ISSN 3125-1935
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Prix, pompe et politique monétaire : l'UEMOA renoue avec l'inflation en 2026

Tombée à zéro en 2025, l'inflation devrait revenir dans la cible de 2 % cette année dans l'Union monétaire ouest-africaine. En cause : la hausse des prix à la pompe, consécutive au

Prix, pompe et politique monétaire : l'UEMOA renoue avec l'inflation en 2026
Prix, pompe et politique monétaire : l'UEMOA renoue avec l'inflation en 2026 — Photo : A l'heure / À l'Heure
Économie

Après une année 2025 marquée par une inflation nulle, la zone UEMOA s'apprête à retrouver une hausse des prix autour de 2 %. La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest pointe la flambée des carburants, alimentée par les tensions persistantes au Moyen-Orient, comme principal moteur de ce retournement.

Une inflation à zéro peut sembler une bonne nouvelle pour les ménages. En réalité, pour une banque centrale, c'est un signal d'alerte. Un niveau de prix trop bas trahit souvent une demande intérieure atone, une activité économique qui peine à décoller, voire un risque de déflation, ce cercle vicieux où les consommateurs reportent leurs achats en anticipant des prix encore plus bas. C'est ce contexte que la BCEAO a traversé tout au long de 2025 dans les huit pays membres de l'Union, dont le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali ou encore le Burkina Faso.

Le gouverneur de la BCEAO a identifié la hausse des prix à la pompe comme le principal facteur qui devrait ramener l'inflation vers la cible de 2 % fixée par l'institution. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pèsent sur les cours mondiaux du pétrole, ce qui se répercute mécaniquement sur le coût des carburants en Afrique de l'Ouest. Dans une région où le transport routier reste le nerf de l'économie réelle, toute variation du prix du gasoil ou de l'essence se propage rapidement vers les prix alimentaires, les loyers et les biens de consommation courante.

Pour le Sénégal, ce retour de l'inflation n'est pas sans signification. Dakar a connu ces dernières années une période d'inflation élevée, notamment entre 2022 et 2023, portée par les répercussions mondiales de la guerre en Ukraine sur les denrées alimentaires et l'énergie. Le retour à une inflation autour de 2 % représente en théorie un équilibre souhaitable, celui qui préserve le pouvoir d'achat sans étouffer la croissance. Mais sur les marchés de Sandaga ou de Tilène, c'est la réalité du franc CFA dans le porte-monnaie qui compte davantage que les projections des économistes.

La cible de 2 % retenue par la BCEAO s'inscrit dans une logique proche de celle adoptée par les grandes banques centrales mondiales, dont la Banque centrale européenne. Ce choix reflète la volonté de l'institution d'ancrer la crédibilité de la politique monétaire de la zone franc en Afrique de l'Ouest, dans un environnement international incertain. La hausse des prix à la pompe, si elle contribue mécaniquement à faire remonter l'inflation vers sa cible, soulève toutefois une question de fond : une inflation «importée», née de chocs extérieurs, profite rarement aux économies locales et fragilise en priorité les populations les plus vulnérables.

La trajectoire des prix dans l'UEMOA en 2026 dépendra en grande partie de l'évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses effets sur les marchés pétroliers mondiaux, deux variables sur lesquelles Dakar et ses partenaires de la zone n'ont aucune prise directe.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Prix, pompe et politique monétaire : l'UEMOA renoue avec l'inflation en 2026 | À l'Heure