Réforme constitutionnelle : Diomaye choisit le référendum plutôt que le vote parlementaire isolé
L’Assemblée nationale a adopté ce lundi 17 août 2026 la proposition de révision de l’article 37 de la Constitution. Mais cette modification ne devrait pas être soumise séparément a

L'Assemblée nationale a adopté lundi 17 août 2026 la révision de l'article 37 de la Constitution, mais le président Bassirou Diomaye Faye a tranché : cette modification ne sera pas soumise séparément aux Sénégalais. Elle s'intégrera à une réforme constitutionnelle globale, soumise au référendum.
Le chef de l'État a donc écarté la voie d'un vote populaire ciblé sur le seul article 37, préférant inscrire cette révision dans un projet constitutionnel plus large. Le ministre de la Justice a apporté les clarifications nécessaires sur cette orientation, confirmant que la procédure référendaire sera le cadre retenu pour soumettre l'ensemble des modifications constitutionnelles à l'appréciation des citoyens.
L'article 37 de la Constitution sénégalaise régit les conditions d'éligibilité à la présidence de la République, notamment les questions liées à la durée et au nombre de mandats. Son histoire est étroitement liée aux grandes tensions politiques qu'a traversées le Sénégal ces dernières années. La tentative d'Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat en 2012 avait embrasé le pays, et la question des mandats est depuis restée un point de friction récurrent dans le débat constitutionnel.
Sur le plan procédural, la Constitution sénégalaise offre deux voies pour réviser sa loi fondamentale : le vote des trois cinquièmes des membres du Parlement réunis en Congrès, ou le référendum. En optant pour cette seconde voie, Diomaye Faye contourne la première option et donne directement la parole au peuple, ce qui peut être lu comme un gage de légitimité démocratique, mais aussi comme un calcul politique visant à ancrer la réforme dans une adhésion populaire incontestable.
Cette décision s'inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent africain, où plusieurs États ont récemment procédé à des révisions constitutionnelles par voie référendaire, avec des résultats et des perceptions très variés selon les contextes. Au Sénégal, pays longtemps cité en exemple pour la stabilité de ses institutions, le choix du référendum engage directement la responsabilité du chef de l'État devant l'électorat.
La date du référendum et le contenu précis des autres dispositions constitutionnelles qui pourraient être soumises au vote restent désormais les questions centrales autour desquelles l'attention politique du pays va se concentrer dans les semaines à venir.
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