Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Révision constitutionnelle : El Malick Ndiaye appelle à mettre la politique de côté

Le premier vice-président de l'Assemblée nationale a plaidé lundi pour un débat serein sur la proposition de révision de la Constitution, invitant ses collègues députés à s'élever au-dessus des querelles partisanes.

Révision constitutionnelle : El Malick Ndiaye appelle à mettre la politique de côté
Révision constitutionnelle : El Malick Ndiaye appelle à mettre la politique de côté — Photo : A l'heure / À l'Heure
Politique

Lors de la séance plénière consacrée à l'examen de la proposition de révision constitutionnelle, El Malick Ndiaye a pris la parole pour recadrer les termes du débat. Face aux accusations et aux soupçons qui entourent le texte, le responsable de Pastef a tenu à rappeler un principe fondamental : une loi fondamentale ne saurait être taillée sur mesure pour servir les intérêts d'un individu ou, à l'inverse, pour en cibler un autre. Il a exhorté les élus à concentrer leur attention sur le fond du texte plutôt que sur les arrière-pensées qu'on lui prête.

Ce rappel à la rigueur n'est pas anodin dans le contexte politique actuel du Sénégal. Depuis l'arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, toute initiative touchant aux institutions est scrutée avec méfiance par une partie de l'opposition, qui y voit régulièrement une tentative de consolidation du pouvoir exécutif. Les révisions constitutionnelles ont historiquement alimenté des tensions au Sénégal, chaque modification de la loi fondamentale étant perçue comme un outil politique autant que juridique.

Le Sénégal compte parmi les pays d'Afrique de l'Ouest où la Constitution a été modifiée à plusieurs reprises depuis l'indépendance. Sous Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf puis Abdoulaye Wade, les révisions constitutionnelles ont souvent cristallisé les rapports de force entre majorité et opposition. L'adoption de la Constitution de 2001, portée par Wade, avait elle-même été précédée d'un référendum présenté comme une rupture avec le passé socialiste. Ces précédents expliquent la sensibilité particulière des Sénégalais dès qu'il est question de toucher à la loi fondamentale.

El Malick Ndiaye a également rejeté les procès d'intention formulés à l'encontre des promoteurs du texte. Sans éluder les critiques, il a choisi d'y répondre par un argument de principe : juger une réforme constitutionnelle à l'aune de la personnalité de ceux qui la portent revient à vider le débat démocratique de sa substance. Cette posture vise manifestement à déplacer la discussion du registre politique vers le registre juridique et institutionnel, là où la majorité parlementaire est plus à l'aise pour défendre ses positions.

La question dépasse les frontières sénégalaises. Sur le continent africain, les révisions constitutionnelles sont souvent au coeur des crises politiques, qu'il s'agisse de modifier les conditions d'éligibilité, de réorganiser les pouvoirs ou de redéfinir les équilibres entre les institutions. Le fait qu'un responsable parlementaire sénégalais insiste sur la neutralité de la Constitution par rapport aux hommes qui la rédigent témoigne d'une volonté de distinguer le cas sénégalais des dérives observées ailleurs sur le continent.

Le vote sur cette révision constitutionnelle, attendu dans les prochains jours à l'Assemblée nationale, dira si les arguments d'El Malick Ndiaye ont convaincu au-delà des rangs de la majorité.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Révision constitutionnelle : El Malick Ndiaye appelle à mettre la politique de côté | À l'Heure