Révision constitutionnelle : l'APR réclame un référendum et accuse le pouvoir de dérive
Le Secrétariat exécutif national de l'APR s'oppose au projet de révision constitutionnelle engagé par l'Assemblée nationale, dénonce une absence de concertation et exige un référen

L'Alliance Pour la République, principal parti de l'ancien président Macky Sall, monte au créneau contre le projet de révision constitutionnelle porté par l'Assemblée nationale. Le parti dénonce une procédure précipitée et réclame que le peuple sénégalais soit directement consulté.
Le Secrétariat exécutif national de l'APR a formellement rejeté la démarche engagée par la majorité parlementaire pour modifier la Constitution par voie législative. Pour les responsables du parti, cette option court-circuite délibérément le processus référendaire, seul mécanisme jugé légitime lorsqu'il s'agit de toucher à la loi fondamentale. L'absence de concertation préalable avec les forces politiques et la société civile est également pointée du doigt comme un manquement grave aux règles du jeu démocratique.
Au Sénégal, la révision constitutionnelle a toujours été un terrain politiquement sensible. La Constitution de 2001, adoptée par référendum sous Abdoulaye Wade, puis modifiée à plusieurs reprises sous Macky Sall, a souvent cristallisé les tensions entre majorité et opposition. Le recours au référendum n'est pas seulement une tradition ; il est perçu par une large partie de la classe politique comme un garde-fou contre les abus de pouvoir, une façon de rappeler que la souveraineté appartient au peuple et non aux seuls représentants élus.
Depuis l'arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko en mars 2024, le camp du Pastef nourrit des ambitions réformatrices affichées, notamment sur le plan institutionnel. Modifier la Constitution représente pour ce camp une étape clé pour consolider leur projet politique. L'opposition, dont l'APR fait désormais partie, y voit en revanche une tentative de concentrer davantage le pouvoir sans mandat clair des citoyens pour le faire.
La querelle dépasse le seul cadre sénégalais. Sur le continent africain, plusieurs régimes ont utilisé des révisions constitutionnelles adoptées par voie parlementaire pour contourner la sanction populaire, allonger des mandats ou modifier les équilibres institutionnels. Ces précédents alimentent la méfiance des partis d'opposition face à toute modification de la loi fondamentale réalisée sans consultation directe des électeurs. En ce sens, l'alerte lancée par l'APR s'inscrit dans une vigilance plus large que partagent de nombreux acteurs politiques africains attachés aux principes de l'État de droit.
La balle est désormais dans le camp de la majorité parlementaire et du gouvernement, qui devront décider s'ils maintiennent leur trajectoire ou s'ils ouvrent un espace de dialogue avec les partis d'opposition avant de franchir une étape aussi structurante pour l'avenir des institutions sénégalaises.
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