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Révision constitutionnelle : le gouvernement réclame une concertation avant tout vote

La balle est désormais dans le camp des acteurs politiques et de la société civile, dont la disponibilité à s'engager dans ce processus conditionnera la suite du calendrier législatif.

Révision constitutionnelle : le gouvernement réclame une concertation avant tout vote
Révision constitutionnelle : le gouvernement réclame une concertation avant tout vote — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Le secrétaire d'État à la Justice, Me Moussa Sarr, a plaidé devant la Commission des lois de l'Assemblée nationale pour l'organisation d'une large concertation nationale avant l'examen de la proposition de loi constitutionnelle déposée par les députés du groupe Pastef.

Représentant le gouvernement face aux parlementaires, Me Moussa Sarr a défendu l'idée d'un cadre de dialogue inclusif, réunissant forces politiques, opposition et société civile, avant tout vote sur la proposition de loi constitutionnelle n°17/2026. Cette initiative législative, portée par le groupe parlementaire de Pastef, la formation au pouvoir, touche à la loi fondamentale du pays, ce qui justifie selon le gouvernement une approche concertée plutôt qu'un passage en force.

La Constitution sénégalaise de 2001 a déjà connu plusieurs révisions, souvent sources de tensions politiques. L'histoire récente du pays rappelle que les modifications constitutionnelles menées sans large consensus ont régulièrement alimenté des crises. En 2016, le référendum constitutionnel avait certes été adopté, mais dans un climat de controverse. La prudence affichée aujourd'hui par l'exécutif tranche avec cette tendance, et signale une volonté de légitimer le processus par le dialogue.

L'enjeu dépasse le seul cadre juridique. Modifier la Constitution engage l'équilibre des pouvoirs, les libertés fondamentales et l'architecture institutionnelle du pays. Dans un Sénégal qui sort d'une période de fortes turbulences politiques, marquée par les événements de 2021 à 2024, toute réforme constitutionnelle mal préparée risque de raviver les fractures. Le gouvernement semble conscient de cette réalité en conditionnant l'avancée du texte à un dialogue préalable.

À l'échelle africaine, le débat sur les révisions constitutionnelles reste particulièrement sensible. Plusieurs pays du continent ont vu des modifications de leur loi fondamentale déboucher sur des crises graves, tandis que d'autres, comme le Ghana ou le Botswana, ont construit une culture du dialogue institutionnel qui sert de modèle. La démarche sénégalaise, si elle aboutit à une concertation sincère et inclusive, pourrait s'inscrire dans cette seconde voie.

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