Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

Révision constitutionnelle : le PDS réclame la parole au peuple

Le Parti démocratique sénégalais monte au créneau contre le projet de modification de la Constitution porté par le groupe parlementaire Pastef, et exige que les Sénégalais soient consultés par voie référendaire.

Révision constitutionnelle : le PDS réclame la parole au peuple
Révision constitutionnelle : le PDS réclame la parole au peuple — Photo : / À l'Heure
Politique

Dans un communiqué rendu public ce samedi 27 juin 2026 à Dakar, le porte-parole du PDS a exprimé l'opposition catégorique de la formation libérale à toute révision constitutionnelle engagée sans l'aval populaire. Pour le parti fondé par Abdoulaye Wade, une modification de la loi fondamentale ne saurait relever du seul arbitrage parlementaire : elle doit, selon lui, passer par les urnes et recueillir directement l'assentiment des citoyens.

Cette prise de position s'inscrit dans une tradition politique bien établie au Sénégal. Depuis l'indépendance, la Constitution a été révisée à plusieurs reprises, tantôt par voie parlementaire, tantôt par référendum. C'est d'ailleurs sous la présidence d'Abdoulaye Wade, chef historique du PDS, que le pays a connu plusieurs consultations populaires sur des questions institutionnelles, dont celle de 2001 qui avait abouti à l'adoption d'une nouvelle Constitution. Le parti libéral se pose ainsi en gardien d'une certaine conception de la souveraineté populaire, au moment où Pastef, fort de sa majorité à l'Assemblée nationale, semble privilégier la voie législative.

L'enjeu dépasse le cadre strictement procédural. Modifier la Constitution par voie parlementaire ou référendaire, ce n'est pas seulement une question de méthode : c'est une question de légitimité. Un référendum oblige le pouvoir à exposer publiquement ses intentions, à convaincre l'opinion et à assumer le résultat, quel qu'il soit. La voie parlementaire, en revanche, concentre la décision entre les mains des élus, ce qui, dans un contexte de majorité dominante, peut susciter des crispations dans l'opposition et au sein de la société civile.

À l'échelle du continent africain, la question des révisions constitutionnelles est particulièrement sensible. Plusieurs pays ont vu des majorités parlementaires modifier des textes fondamentaux pour prolonger des mandats ou redistribuer les équilibres institutionnels, suscitant des vagues de contestation populaire. Le Sénégal, souvent cité en exemple pour la stabilité de ses institutions, est attentif à ne pas s'engager dans une dynamique perçue comme un recul démocratique.

La requête du PDS sera-t-elle entendue par le gouvernement et la majorité parlementaire ? La réponse de Pastef à cette exigence constitue désormais l'un des indicateurs les plus scrutés de la relation entre le pouvoir en place et une opposition déterminée à peser sur les grandes décisions institutionnelles du pays.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Révision constitutionnelle : le PDS réclame la parole au peuple | À l'Heure