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Révision constitutionnelle : Mamadou Lamine Diallo soulève des questions de fond

Le député et économiste Mamadou Lamine Diallo interpelle les autorités sur plusieurs points sensibles du projet de révision constitutionnelle en cours, pointant des ambiguïtés qui méritent un débat national approfondi.

Révision constitutionnelle : Mamadou Lamine Diallo soulève des questions de fond
Révision constitutionnelle : Mamadou Lamine Diallo soulève des questions de fond — Photo : A l'heure / À l'Heure
Sénégal

Alors que le Sénégal s'apprête à engager un nouveau chantier constitutionnel, la voix de l'opposant et fondateur du mouvement Tekki se fait entendre avec méthode. Mamadou Lamine Diallo ne s'oppose pas frontalement à la démarche, mais il exige des clarifications sur au moins deux dispositions dont les contours restent flous depuis plusieurs années.

Le premier point épineux concerne l'article 25-3 et la notion de «droits d'autrui». Cette formulation avait déjà provoqué une polémique lors du référendum constitutionnel de 2016, organisé sous la présidence de Macky Sall. À l'époque, le gouvernement n'avait fourni aucune explication convaincante sur sa portée exacte, se contentant de renvoyer à une recommandation de la Commission nationale de réforme des institutions, la CNRI. Pour Mamadou Lamine Diallo, l'heure est venue de trancher : si personne n'est capable d'en justifier la présence, autant supprimer purement et simplement cet alinéa de la Constitution.

Le second point touche à l'article 25-1, qui porte sur les ressources naturelles. La question est d'une actualité brûlante au Sénégal, pays qui s'apprête à devenir producteur de pétrole et de gaz. La manière dont la Constitution encadre la souveraineté sur ces richesses du sous-sol engage directement l'avenir économique du pays et les droits des générations futures. Dans ce contexte, toute imprécision dans la rédaction constitutionnelle peut avoir des conséquences durables sur la capacité de l'État à négocier, contrôler et redistribuer les revenus issus de l'exploitation de ces ressources.

Ces interrogations s'inscrivent dans une tradition de vigilance citoyenne autour des textes fondamentaux en Afrique de l'Ouest. Plusieurs pays de la région ont connu des révisions constitutionnelles contestées, souvent rédigées dans la précipitation ou au profit d'intérêts mal définis. Au Sénégal, la Constitution de 2001, puis les révisions successives, ont chaque fois soulevé des débats sur la cohérence et la lisibilité du texte fondamental. La CNRI, mise en place en 2013, avait précisément pour mission de proposer un cadre constitutionnel clair et consensuel ; ses recommandations n'ont pas toutes été suivies d'effet, ce qui alimente encore aujourd'hui les critiques.

L'initiative de Mamadou Lamine Diallo rappelle qu'une révision constitutionnelle ne saurait être un exercice purement technique ou partisan ; elle engage la société dans son ensemble et requiert une transparence totale sur chaque choix rédactionnel.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement et de l'Assemblée nationale, qui devront décider si ces questions de fond méritent un débat public ouvert avant que le texte ne soit soumis au vote.

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