Révision constitutionnelle : Sonko prêt à saisir Diomaye dès l'adoption du texte
La décision finale de Bassirou Diomaye Faye sur la voie choisie pour entériner ce texte s'annonce comme l'un des moments politiques les plus déterminants de ce début de mandat.

Le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a annoncé qu'il transmettra sans délai au chef de l'État la proposition de loi portant révision de la Constitution, une fois celle-ci votée par les députés. Le processus suit ainsi son cours institutionnel, dans un contexte politique particulièrement chargé.
Lors des débats autour de ce texte à l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko a été clair : si la proposition de loi est adoptée, il saisira immédiatement le président Bassirou Diomaye Faye afin que ce dernier décide de la suite à y donner. Cette déclaration confirme la volonté de l'exécutif de conduire cette réforme constitutionnelle dans les formes prévues par la loi fondamentale sénégalaise, sans précipitation apparente mais sans traîner non plus.
Au Sénégal, toute révision de la Constitution emprunte deux voies possibles : soit le Parlement, réuni en congrès, adopte le texte à la majorité des trois cinquièmes ; soit le président de la République soumet la réforme à référendum populaire. C'est précisément ce choix que Bassirou Diomaye Faye devra trancher une fois le texte entre ses mains. La décision aura des implications politiques majeures, selon qu'elle implique ou non directement les citoyens dans le processus.
Cette réforme s'inscrit dans une tradition sénégalaise de retouches régulières à la Constitution. Depuis 1960, le texte fondamental a été modifié à de nombreuses reprises, parfois pour consolider des acquis démocratiques, d'autres fois pour répondre à des impératifs politiques du moment. L'alternance de 2024, qui a porté au pouvoir le tandem Diomaye-Sonko après des années d'opposition, avait suscité de fortes attentes en matière de réformes institutionnelles profondes, promises notamment dans le cadre du projet du Pastef.
Les enjeux de cette révision dépassent le seul cadre sénégalais. Sur le continent africain, plusieurs pays traversent en ce moment des turbulences constitutionnelles, entre coups d'État, révisions controversées et tentatives de prolongation de mandats. Le Sénégal, longtemps présenté comme un modèle de stabilité démocratique en Afrique de l'Ouest, est observé de près. Une révision constitutionnelle conduite dans la transparence et le respect des procédures enverrait un signal fort à ses voisins et à ses partenaires internationaux.
La balle est désormais dans le camp des députés, dont le vote déterminera si le président de la République sera appelé à arbitrer entre congrès et référendum. L'issue de ce processus dira beaucoup sur la capacité du régime en place à traduire ses ambitions réformatrices en actes concrets.
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