Ruto à Bruxelles : Nairobi et la Belgique scellent un partenariat axé sur les infrastructures
Le président kényan William Ruto a profité de sa tournée européenne pour poser à Bruxelles les jalons d'une coopération commerciale renforcée avec la Belgique, concrétisée par la signature de deux protocoles d'accord le mardi 9 juin.

Les deux pays ont choisi de placer la connectivité au coeur de leur rapprochement, ciblant notamment les infrastructures de transport et de communication comme leviers prioritaires pour dynamiser leurs échanges bilatéraux. Cette orientation traduit une vision partagée : celle selon laquelle le désenclavement physique et numérique constitue un préalable incontournable à toute intégration économique durable.
Ce rapprochement s'inscrit dans un contexte plus large de repositionnement diplomatique du Kenya sur la scène internationale. Depuis son accession à la présidence en 2022, William Ruto multiplie les voyages officiels en Europe et en Amérique du Nord, cherchant à diversifier les partenariats de son pays au-delà des bailleurs de fonds traditionnels. La Belgique, pour sa part, dispose d'une porte d'entrée stratégique vers l'Union européenne, notamment via le port d'Anvers, l'un des plus importants du continent.
Pour l'Afrique, cette démarche illustre une tendance de fond : celle des États africains qui négocient désormais leurs partenariats avec l'Europe sur une base plus affirmée, en mettant en avant leurs besoins en infrastructures plutôt qu'en attendant passivement l'aide au développement. Le Sénégal, engagé dans sa propre diplomatie économique sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, observe avec intérêt ces modèles de coopération Sud-Nord fondés sur des accords concrets et sectoriels.
La question de la connectivité reste en effet un enjeu central pour l'ensemble du continent africain. Que ce soit au niveau des corridors routiers, des liaisons aériennes ou des réseaux numériques, le déficit d'infrastructures pèse lourdement sur la compétitivité des économies africaines et freine l'essor du commerce intra-africain, pourtant promu par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les prochains mois permettront de mesurer si ces protocoles d'accord entre Nairobi et Bruxelles se traduisent par des investissements tangibles sur le terrain, ou s'ils rejoignent la longue liste des engagements diplomatiques restés lettre morte.
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