Sahara occidental et cohésion africaine : Abdou Fall plaide pour le dialogue entre nations
L'ancien ministre sénégalais Abdou Fall a saisi l'occasion du 51e anniversaire de la Marche verte, célébré à la résidence de l'ambassadeur du Maroc à Dakar, pour appeler les nations africaines à privilégier la concertation sur l'affrontement.

Prenant la parole à la suite des interventions consacrées à la question du Sahara occidental, Abdou Fall a élargi la réflexion bien au-delà du dossier marocain. L'ancien ministre a rappelé une vérité fondamentale : aucune nation, aucun continent ne peut se bâtir durablement dans la confrontation et la méfiance. Son intervention a replacé le débat territorial dans un cadre plus large, celui de la paix et de la stabilité comme conditions premières du développement.
La Marche verte, organisée le 6 novembre 1975 à l'initiative du roi Hassan II, avait mobilisé des centaines de milliers de Marocains pour revendiquer le Sahara occidental face à l'Espagne coloniale. Cinquante et un ans plus tard, ce territoire demeure au coeur d'un différend non résolu entre le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l'Algérie. La question divise encore les États africains, certains reconnaissant la République arabe sahraouie démocratique, d'autres apportant leur soutien à la souveraineté marocaine sur la région.
Le Sénégal, pour sa part, entretient des relations diplomatiques étroites avec Rabat. Les deux pays coopèrent dans de nombreux domaines, de la formation religieuse aux échanges économiques. Dans ce contexte, la présence d'une personnalité politique sénégalaise de l'envergure d'Abdou Fall à cette commémoration traduit la solidité de ce lien bilatéral, sans pour autant signifier un positionnement officiel de Dakar sur le fond du conflit territorial.
Au-delà de la seule question sahraouie, le message d'Abdou Fall résonne avec les tensions qui traversent actuellement le continent africain. Du Sahel à la Corne de l'Afrique, les rivalités entre États freinent l'intégration régionale et affaiblissent les capacités collectives face aux défis sécuritaires, climatiques et économiques. Rappeler que les nations se construisent dans le dialogue et non dans l'opposition frontale, c'est pointer du doigt une réalité que les institutions panafricaines peinent encore à traduire en actes concrets.
La question du Sahara occidental reste inscrite à l'agenda de l'ONU, sans qu'une solution définitive ne se profile à l'horizon. Les prochaines discussions entre les parties concernées permettront de mesurer si ce type d'appel au dialogue trouve un écho au-delà des cercles diplomatiques.
Commentaires
Soyez le premier à commenter cet article.


