Sangalkam : un cadre de PASTEF claque la porte
Un responsable de la section communale de PASTEF à Sangalkam a rendu publique sa démission du parti, marquant une nouvelle fissure au sein de la formation politique du président Bassirou Diomaye Faye.

Lamine Diagne, figure connue de la section communale de PASTEF à Sangalkam, a officiellement notifié son départ du parti ce lundi 20 juillet 2026. C'est par une lettre formelle adressée au Coordonnateur communal de la localité que l'ex-responsable a acté sa rupture avec le mouvement fondé par Ousmane Sonko, aujourd'hui Premier ministre de la République du Sénégal.
Si les motifs précis ayant conduit à cette décision ne sont pas détaillés publiquement à ce stade, le geste lui-même revêt une signification politique. Sangalkam, commune de la région de Dakar, fait partie des territoires où PASTEF a su construire une base militante solide au cours des années de lutte dans l'opposition. Perdre une figure locale, même dans une section communale, reste un signal que les directions régionales et nationale du parti ne peuvent ignorer.
PASTEF, acronyme de Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l'Éthique et la Fraternité, a traversé une trajectoire politique rare sur le continent. Interdit, ses responsables emprisonnés, le parti a su résister à une répression d'État avant de remporter la présidentielle de mars 2024 avec Bassirou Diomaye Faye. Cette victoire, portée par une vague populaire, a placé le mouvement au centre du pouvoir. Mais l'exercice du gouvernement génère souvent des tensions internes que l'opposition ne connaît pas.
Les démissions de cadres locaux au sein des partis africains au pouvoir répondent généralement à des logiques connues : déceptions liées à la gestion des nominations, sentiment de mise à l'écart, divergences sur les orientations politiques ou simples rivalités personnelles. Sans confirmer l'une ou l'autre de ces hypothèses dans le cas précis de Lamine Diagne, le phénomène s'inscrit dans un cycle classique que vivent la plupart des formations politiques africaines une fois installées aux commandes de l'État.
Pour PASTEF, l'enjeu dépasse Sangalkam. Le parti est attendu sur sa capacité à maintenir la cohésion de ses structures de base tout en gérant les exigences de l'appareil d'État. Les militants qui ont porté le projet sur le terrain, souvent au prix de sacrifices personnels pendant les années d'opposition, observent de près la façon dont le pouvoir traite ses propres rangs.
La démission de Lamine Diagne soulève une question que d'autres localités du pays pourraient bientôt poser à leur tour : comment PASTEF entend-il préserver son unité interne face aux inévitables turbulences de la gestion du pouvoir ?
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