Sonko et le règlement de l'Assemblée : une référence juridique introuvable
La question du respect scrupuleux des textes par les nouvelles autorités sénégalaises est désormais posée publiquement ; elle devrait trouver une réponse claire lors des prochaines séances parlementaires.

Le Premier ministre Ousmane Sonko aurait affirmé qu'un ministre souhaitant quitter la salle de l'Assemblée nationale doit en solliciter préalablement l'autorisation. Une déclaration qui pose problème : aucun texte en vigueur ne semble en établir le fondement.
Ni la Constitution sénégalaise, ni le règlement intérieur de l'Assemblée nationale ne contiennent de disposition obligeant un membre du gouvernement à demander la permission de quitter l'hémicycle. C'est pourtant sur cette base que le président de l'Assemblée nationale aurait formulé cette exigence, soulevant aussitôt des interrogations dans les milieux juridiques et politiques.
L'épisode renvoie à une tension plus ancienne entre l'exécutif et le législatif au Sénégal. Depuis l'arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et la nomination d'Ousmane Sonko comme Premier ministre, les relations entre le gouvernement et l'Assemblée nationale ont été marquées par des frictions répétées, notamment autour des questions de procédure et de prérogatives institutionnelles.
Sur le fond, invoquer un article inexistant dans un texte réglementaire constitue une faute de forme sérieuse, surtout de la part d'un responsable politique qui a fait de la rigueur et de la rupture avec les pratiques de l'ancien régime l'un des piliers de son discours. Dans un État de droit, les obligations imposées aux acteurs institutionnels doivent reposer sur des textes précis et opposables, et non sur une interprétation personnelle ou une tradition orale.
Cette affaire illustre plus largement un phénomène récurrent dans les démocraties africaines : la confusion entre l'autorité politique et l'autorité juridique. Des dirigeants élus avec un fort capital de légitimité populaire peuvent parfois considérer que cette légitimité suffit à justifier des décisions, sans nécessairement s'appuyer sur le droit écrit. Or, c'est précisément cette confusion que les nouvelles générations d'électeurs, au Sénégal comme ailleurs sur le continent, disent vouloir dépasser.
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