Sonko prend les rênes du Parlement et réintègre deux élus
Installé à la tête de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko a tenu ce vendredi 5 juin 2026 sa première réunion de travail avec les membres du Bureau de l'institution, marquant ainsi le début concret de son mandat à la présidence du Parlement.

La réunion inaugurale a permis de poser les premières balises du travail parlementaire sous la direction du nouveau président. Les échanges ont porté sur les priorités et l'organisation des activités de l'hémicycle, tandis que deux députés ont officiellement réintégré leurs fonctions à l'occasion de cette séance.
Cette première prise en main intervient dans un contexte politique inédit pour le Sénégal. Ousmane Sonko, figure centrale du mouvement Pastef et longtemps au cœur d'une opposition frontale avec le régime de Macky Sall, incarne désormais la deuxième fonction de l'État après le chef de l'État Bassirou Diomaye Faye. Le tandem au pouvoir depuis l'alternance de mars 2024 continue ainsi de consolider sa domination sur les institutions républicaines.
La présidence de l'Assemblée nationale représente un levier stratégique considérable. L'institution vote les lois, contrôle l'action gouvernementale et détient une partie du pouvoir budgétaire. Confier cette présidence à Sonko, chef du parti majoritaire, renforce la cohérence de l'axe exécutif-législatif, mais soulève également des questions sur l'équilibre des pouvoirs et l'indépendance du contrôle parlementaire.
À l'échelle africaine, la configuration actuelle rappelle des expériences similaires où un parti dominant occupe simultanément la présidence de la République et celle du Parlement. Si cette situation offre une stabilité institutionnelle propice à l'action publique, les analystes politiques soulignent généralement le risque d'affaiblissement du rôle de contre-pouvoir que doit jouer le législatif face à l'exécutif.
La réintégration de deux députés, annoncée dès cette première séance du Bureau, suggère que des ajustements au sein du groupe parlementaire majoritaire sont en cours, sans que les circonstances précises de ces retours ne soient encore pleinement établies.
Les prochaines semaines diront quelle empreinte Ousmane Sonko entend laisser sur une institution parlementaire qu'il lui appartient désormais de redéfinir aux yeux des Sénégalais.
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