Dakar 28°C · ciel clairMarée haute 14h12
Mis à jour il y a 4 min📄 Édition papier · S'abonner

« Trop, c'est trop ! » Les députés de l'opposition brisent le silence et annoncent une riposte nationale et internationale

Les députés de l'opposition sénégalaise ont tenu une conférence de presse ce jeudi 02 juillet 2026 pour dénoncer ce qu'ils qualifient de grave dérive dans le fonctionnement de l'Assemblée nationale, à la suite des événements survenus le 29 juin 2026 lors d'une séance parlementaire.

— Photo : Souleymane Sokhna / À l'Heure
Sénégal

Les députés de l'opposition sénégalaise ont tenu une conférence de presse ce jeudi 02 juillet 2026 pour dénoncer ce qu'ils qualifient de grave dérive dans le fonctionnement de l'Assemblée nationale, à la suite des événements survenus le 29 juin 2026 lors d'une séance parlementaire.

Le discours, lu par Moussa Amadou Sarr, député non-inscrit de la 15ᵉ législature, affirme que l'opposition est confrontée à une remise en cause répétée des règles démocratiques et du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Selon les députés, les droits de l'opposition sont progressivement réduits, les procédures parlementaires sont régulièrement contournées et la liberté d'expression des députés est menacée.

Les députés ont particulièrement dénoncé l'intervention de la Gendarmerie nationale à l'intérieur de l'hémicycle, estimant qu'aucune disposition du Règlement intérieur n'autorise le président de l'Assemblée nationale à faire expulser un député par la force. Ils considèrent cette intervention comme une atteinte à la séparation des pouvoirs, à la liberté de parole des parlementaires, à la dignité de la représentation nationale et au suffrage universel.

L'opposition a également demandé qu'une enquête soit ouverte afin de déterminer qui a donné l'ordre d'intervenir, sur quelle base juridique cette décision a été prise et quelles autorités ont exécuté cette opération. Les députés estiment que les Sénégalais ont droit à des explications sur ce qu'ils qualifient de l'une des pages les plus sombres de l'histoire parlementaire du pays.

Au-delà de cette dénonciation, les députés ont annoncé le lancement d'une vaste campagne nationale et internationale de sensibilisation. Ils prévoient de rencontrer les missions diplomatiques, les partenaires du Sénégal, les chefs religieux, les autorités coutumières, les organisations de la société civile, les syndicats, les universitaires et les organisations de jeunesse afin d'exposer leurs préoccupations sur les risques de déstabilisation des institutions.

Ils ont également annoncé des démarches auprès de plusieurs organisations internationales et régionales, notamment l'Union interparlementaire, l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, le Parlement de la CEDEAO, la Commission de la CEDEAO, l'UEMOA et l'Union africaine. Selon eux, cette initiative ne vise pas à ternir l'image du Sénégal, mais à alerter les institutions garantes de la démocratie sur les atteintes qu'ils dénoncent contre le fonctionnement du pouvoir législatif.

En conclusion, les députés de l'opposition ont réaffirmé leur attachement à la Constitution, à l'État de droit, à la séparation des pouvoirs, au pluralisme politique et aux libertés publiques. Ils ont assuré qu'ils poursuivront leur mandat avec responsabilité, fermeté et détermination, affirmant qu'ils ne céderont ni aux intimidations ni aux violences et qu'ils continueront à défendre les institutions de la République et les droits des parlementaires.

Partager
WhatsApp
X
Facebook
Copier

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

« Trop, c'est trop ! » Les députés de l'opposition brisent le silence et annoncent une riposte nationale et internationale | À l'Heure