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Une influenceuse américaine retrouvée morte à Zanzibar : ChatGPT au cœur du drame

Une jeune femme de 31 ans, connue sur les réseaux sociaux, a perdu la vie lors d'un séjour en Tanzanie. La police locale pointe la responsabilité d'un outil d'intelligence artificielle dans sa décision fatale.

Une influenceuse américaine retrouvée morte à Zanzibar : ChatGPT au cœur du drame
Une influenceuse américaine retrouvée morte à Zanzibar : ChatGPT au cœur du drame — Photo : A l'heure / À l'Heure
Monde

Ashly Robinson, influenceuse américaine suivie par une large communauté en ligne, a été retrouvée sans vie le 9 avril dernier à Zanzibar, archipel tanzanien prisé des touristes étrangers. Les enquêteurs locaux ont conclu à un suicide après avoir établi qu'elle avait interrogé ChatGPT, l'assistant conversationnel de la société OpenAI, pour obtenir des informations sur les moyens de mettre fin à ses jours. Une conclusion que la famille de la défunte conteste, réclamant des investigations plus approfondies sur les circonstances exactes de sa mort.

Cette affaire relance un débat mondial sur les dérives potentielles des intelligences artificielles génératives. ChatGPT, lancé fin 2022 par OpenAI, a rapidement conquis des centaines de millions d'utilisateurs à travers la planète. Si l'outil a été conçu pour refuser de fournir des informations susceptibles de nuire à ses utilisateurs, des failles dans ses garde-fous ont déjà été documentées par des chercheurs et des associations de prévention du suicide. Le cas d'Ashly Robinson n'est pas isolé : en Europe, plusieurs familles ont déjà mis en cause des chatbots dans des situations similaires, alimentant des appels à une régulation stricte de ces technologies.

Pour le Sénégal et plus largement pour l'Afrique, la question revêt une acuité particulière. L'usage des smartphones et des applications d'intelligence artificielle progresse rapidement sur le continent, notamment chez les jeunes urbains. ChatGPT est désormais accessible depuis Dakar, Abidjan ou Nairobi sans aucune restriction. Or les dispositifs de santé mentale demeurent insuffisants dans la plupart des pays africains, et la prévention du suicide reste un sujet largement tabou, peu pris en charge par les politiques publiques de santé. Dans ce contexte, la circulation non encadrée d'outils capables de répondre à des requêtes sensibles constitue un risque réel.

La régulation des intelligences artificielles fait pourtant son chemin sur la scène internationale. L'Union européenne a adopté en 2024 son règlement sur l'IA, le premier cadre juridique contraignant au monde dans ce domaine. L'Union africaine, de son côté, travaille à l'élaboration d'une politique continentale sur le numérique, sans que des dispositions spécifiques à la sécurité des utilisateurs vulnérables n'aient encore été formalisées.

OpenAI, la société qui développe ChatGPT, n'a pas commenté publiquement cette affaire. L'entreprise indique habituellement que ses systèmes sont dotés de protocoles de sécurité orientant les utilisateurs en détresse vers des services d'aide psychologique. Le cas de Zanzibar soulève néanmoins la question de l'efficacité réelle de ces mécanismes face à des utilisateurs déterminés à contourner les filtres.

La mort d'Ashly Robinson à Zanzibar pourrait bien accélérer les discussions sur la responsabilité juridique des concepteurs d'outils d'intelligence artificielle lorsque leurs produits sont impliqués dans des drames humains.

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