Visa mise sur l'IA, les stablecoins et la tokenisation pour révolutionner le paiement en Afrique
La concrétisation de ces annonces sur le marché africain dépendra de la capacité de Visa à nouer des partenariats solides avec les acteurs locaux et à s'adapter aux réalités réglementaires propres à chaque pays du continent.

Le géant américain du paiement a dévoilé une série d'innovations technologiques destinées à transformer les transactions commerciales sur le continent africain et dans les régions voisines. Intelligence artificielle, monnaies numériques stables et tokenisation sont au cœur de cette nouvelle offensive stratégique.
Visa a présenté un ensemble de nouvelles capacités technologiques à destination de ses partenaires en Europe centrale et orientale, au Moyen-Orient et en Afrique. Ce bloc géographique, désigné sous l'acronyme CEMEA, représente pour l'entreprise un terrain d'expansion prioritaire. Les innovations annoncées s'appuient sur trois piliers : l'intelligence artificielle, les stablecoins et la tokenisation des actifs numériques. L'objectif affiché est d'accompagner les banques, les fintechs et les commerçants dans la prochaine génération du commerce électronique.
Ces annonces interviennent dans un contexte où les habitudes de paiement évoluent rapidement en Afrique. Le continent compte des centaines de millions d'utilisateurs de services financiers mobiles, et les solutions comme Orange Money, Wave ou MTN Mobile Money ont profondément transformé le rapport des populations à l'argent. Visa, présent depuis des décennies sur le marché africain, cherche à rester pertinent face à ces acteurs locaux tout en proposant des outils adaptés à l'économie numérique mondiale.
La tokenisation, qui consiste à représenter un actif réel ou financier sous forme de jeton numérique sur une infrastructure sécurisée, pourrait simplifier les transactions transfrontalières, problème récurrent sur un continent où les échanges entre pays restent coûteux et lents. Les stablecoins, des cryptomonnaies adossées à des devises stables comme le dollar, offrent quant à eux une alternative aux fluctuations monétaires qui affectent de nombreuses économies africaines. Pour le Sénégal, dont le franc CFA est arrimé à l'euro, ces outils pourraient néanmoins faciliter les échanges avec des partenaires hors zone franc.
L'intelligence artificielle intégrée aux systèmes de paiement permet de renforcer la détection des fraudes, d'affiner la personnalisation des services et d'optimiser les flux financiers en temps réel. Dans un pays comme le Sénégal, où le commerce informel reste dominant mais où la transition numérique s'accélère, ces technologies pourraient trouver des applications concrètes, notamment pour les petits commerçants, les transferts de la diaspora ou les paiements transfrontaliers avec les pays de la sous-région.
Visa n'est pas seul sur ce terrain. Mastercard, PayPal et plusieurs fintechs africaines investissent elles aussi dans ces technologies de rupture. La compétition s'annonce serrée, d'autant que des régulateurs africains, dont la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, suivent de près l'essor des actifs numériques et encadrent progressivement leur usage.
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