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Wade à cent ans : Diomaye célèbre le père du libéralisme sénégalais

Ce jeudi 04 juin 2026, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a prononcé un discours remarqué à l’occasion du centenaire d’Abdoulaye Wade au Grand Théâtre national Doudou Ndiay

Wade à cent ans : Diomaye célèbre le père du libéralisme sénégalais
Wade à cent ans : Diomaye célèbre le père du libéralisme sénégalais — Photo : La Rédaction / À l'Heure
Politique

Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a rendu, ce jeudi 4 juin 2026, un hommage solennel à Abdoulaye Wade à l'occasion de son centième anniversaire. Une cérémonie d'État organisée au Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose de Dakar, qui a donné lieu à un discours fort, au-delà des clivages politiques.

Abdoulaye Wade souffle ses cent bougies dans un Sénégal que lui-même a profondément marqué. Fondateur du Parti Démocratique Sénégalais en 1974, il a mené pendant des décennies une opposition acharnée aux régimes de Léopold Sédar Senghor puis d'Abdou Diouf, avant d'accéder à la présidence de la République en 2000, après trois tentatives infructueuses. Il devient ainsi le troisième président du pays, symbolisant l'alternance démocratique tant attendue. Son passage au pouvoir, de 2000 à 2012, laisse un héritage ambivalent : des chantiers d'infrastructures d'envergure, mais aussi des controverses institutionnelles qui ont alimenté les crises de ses dernières années à la tête de l'État.

Que le président Faye, issu d'un courant politique longtemps opposé au « Pape du Sopi », prenne la parole pour honorer publiquement l'ancien chef de l'État, n'est pas un geste anodin. Élu en mars 2024 sous la bannière du Pastef d'Ousmane Sonko, Diomaye Faye représente une génération qui s'est construite en partie en rupture avec l'ancien ordre politique, dont Wade fut l'une des figures centrales. Son discours au Grand Théâtre national dépasse donc le simple protocole ; il s'inscrit dans une volonté de réconcilier les mémoires et d'affirmer une continuité de l'histoire nationale, par-delà les rivalités partisanes.

La cérémonie revêt aussi une dimension symbolique pour le continent africain. Rares sont les anciens chefs d'État africains à atteindre le siècle, et plus rares encore ceux dont l'itinéraire politique s'étend sur plus de cinquante ans d'engagement actif. Wade fut également une voix singulière sur la scène internationale, défenseur du Nepad et promoteur d'une certaine vision du développement africain par les Africains eux-mêmes. Lui rendre hommage aujourd'hui, c'est aussi rappeler à la jeunesse du continent que l'histoire politique africaine a ses propres monuments.

Le choix du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Rose comme cadre de la célébration est en lui-même porteur de sens. Cette salle, inaugurée sous la présidence de Wade, porte le nom d'un géant de la culture sénégalaise ; elle illustre l'un des legs culturels de son mandat, dans un pays où l'identité et la création artistique occupent une place centrale dans la vie publique. L'événement réunissait ainsi patrimoine politique et patrimoine culturel autour d'un même homme.

La longévité exceptionnelle d'Abdoulaye Wade et la reconnaissance que lui témoigne aujourd'hui le pouvoir en place invitent à une réflexion plus large sur la manière dont le Sénégal construit et transmet sa mémoire démocratique ; une question qui continuera d'alimenter le débat public bien au-delà de ce centenaire.

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