À Mbour, une dispute conjugale tourne au drame : une mâchoire sectionnée à coups de dents
Une querelle entre coépouses autour d'un téléviseur a viré au cauchemar à Mbour, laissant une femme grièvement blessée au visage après avoir été mordue par sa rivale.

Tout avait commencé comme une simple démarche administrative : une femme s'était rendue dans son ancien domicile conjugal pour récupérer ses effets personnels après une séparation. La situation a rapidement basculé lorsqu'un désaccord a éclaté autour d'un téléviseur, bien matériel au coeur d'une tension déjà vive entre les deux femmes. La coépouse, selon les informations rapportées par L'Obs, a alors mordu sa rivale au visage avec une violence telle qu'elle lui a sectionné la mâchoire. La victime a été blessée grièvement.
Ce fait divers d'une brutalité rare met en lumière les fractures qui peuvent traverser les foyers polygames. Au Sénégal, la polygamie est légalement encadrée par le Code de la famille issu de la réforme de 1972, qui distingue la polygamie limitée de la monogamie au moment de la célébration du mariage. Mais si le cadre juridique existe, il ne régule pas les tensions affectives et matérielles qui surgissent quotidiennement dans des ménages parfois déjà fragilisés par des séparations.
La rivalité entre coépouses, désignée localement sous le terme «woudiou», est une réalité sociale profondément ancrée dans le vécu sénégalais. Elle nourrit la littérature, le cinéma et la musique du pays depuis des décennies, signe qu'elle irrigue l'imaginaire collectif autant qu'elle structure des conflits bien réels. Ce que révèle le drame de Mbour, c'est que ces tensions peuvent, dans certains contextes de rupture ou de précarité, déborder vers des actes d'une extrême violence physique.
À l'échelle du continent africain, plusieurs pays francophones ont engagé ces dernières années des débats sur la réforme du droit de la famille et la protection des femmes dans les unions plurales. Des associations de défense des droits des femmes au Sénégal alertent régulièrement sur la nécessité de mieux accompagner les situations de séparation conjugale, souvent sources de litiges matériels et de violences. Le partage des biens, en l'absence de mécanismes clairs et accessibles, reste un terrain propice aux affrontements.
L'affaire devrait être portée devant la justice, et son issue dira si la gravité des blessures infligées est prise en compte à la hauteur de ce qu'elle représente : une violence conjugale et domestique dont les femmes sont, dans l'immense majorité des cas, les premières victimes.
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