À Saint-Louis, l'UGB fait le pari de l'université sobre en énergie
L'Université Gaston Berger de Saint-Louis a ouvert ses portes, depuis le 9 juin, à trois jours de réflexion et d'action consacrés à l'efficacité énergétique, une initiative inédite dans le paysage universitaire sénégalais.

C'est le Département de Physique appliquée de l'UFR Sciences Appliquées et Technologies qui est à l'origine de ces «72 heures de l'efficacité énergétique». L'événement réunit enseignants-chercheurs, étudiants et experts autour d'une question centrale : comment faire du campus de l'UGB un espace de consommation énergétique raisonnée ? La démarche tranche avec les habitudes universitaires africaines, où la gestion de l'énergie reste rarement une priorité institutionnelle.
Le contexte sénégalais donne tout son sens à cette initiative. Le pays fait face depuis des années à une demande électrique en forte progression, alimentée par la croissance démographique, l'urbanisation accélérée et le développement industriel. Les délestages récurrents qui ont marqué la vie quotidienne des Sénégalais ont mis en lumière la fragilité du système énergétique national. Dans ce tableau, les grandes institutions publiques, universités comprises, figurent parmi les consommateurs les plus gourmands, souvent sans dispositif sérieux de maîtrise des dépenses énergétiques.
L'UGB, fondée en 1990 et implantée dans la ville historique de Saint-Louis, ambitionne ici de dépasser le simple cadre académique. En s'emparant de la question de la sobriété énergétique, elle se positionne comme un laboratoire de pratiques durables, susceptible d'inspirer d'autres établissements du pays. L'idée n'est pas seulement de former des ingénieurs et des physiciens sensibles à ces enjeux ; il s'agit aussi de transformer le fonctionnement concret du campus, bâtiment par bâtiment, équipement par équipement.
La dimension africaine de l'enjeu est réelle. Sur le continent, l'accès à une énergie fiable et abordable reste un défi structurel pour des millions de ménages et d'entreprises. Les universités, qui forment les décideurs et techniciens de demain, ont un rôle particulier à jouer dans la diffusion d'une culture de l'efficacité énergétique. Des expériences similaires ont été menées dans certains établissements d'Afrique du Sud ou du Maroc, mais elles demeurent encore peu répandues en Afrique subsaharienne francophone.
La clôture de ces trois journées devrait permettre de mesurer si l'élan suscité débouchera sur des recommandations concrètes et un plan d'action durable pour le campus de l'UGB, premier test de la portée réelle de cette ambition.
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