Aby’s Garden : 40 millions retirés, 242 millions non reversés… ce que révèle l’enquête
L'instruction judiciaire suit désormais son cours, et les prochaines semaines diront si les deux associés trouveront un terrain d'entente ou si l'affaire ira jusqu'au bout de la procédure.

Deux associés, une société événementielle prisée de Dakar, et des millions de francs CFA au coeur d'un litige qui a fini par atterrir devant la justice. L'affaire Aby's Garden révèle les fractures qui peuvent déchirer des partenariats commerciaux, même au sommet de la notoriété.
L'information judiciaire ouverte en novembre 2025 dans le dossier opposant la chanteuse et femme d'affaires Aby Ndour à son associé Babacar Athie met en lumière des accusations graves. Au centre du conflit : des mouvements de fonds contestés au sein d'Aby's Garden, société dakaroise spécialisée dans l'événementiel et la restauration. Deux montants cristallisent les tensions : 40 millions de francs CFA qui auraient été retirés, et 242 millions de francs qui n'auraient jamais été reversés à la société.
Aby's Garden s'est imposée ces dernières années comme l'une des adresses incontournables de la vie mondaine dakaroise. Portant le nom de sa cofondatrice, figure connue du monde musical sénégalais en tant que soeur de Youssou Ndour, la structure a bénéficié d'une visibilité importante. Ce capital de notoriété rend l'affaire d'autant plus sensible, car elle éclabousse un secteur, l'événementiel et la restauration haut de gamme, qui connaît une croissance soutenue à Dakar.
Au Sénégal comme dans beaucoup de pays africains, les sociétés fondées sur des liens personnels ou familiaux sont souvent exposées à ce type de crise. L'absence de mécanismes formels de gouvernance interne, la confusion entre patrimoine personnel et ressources de l'entreprise, et la faible culture du contrat écrit entre associés constituent des vulnérabilités récurrentes. Lorsqu'un différend éclate, c'est fréquemment la justice qui doit trancher ce que la confiance mutuelle n'a pas su régler.
L'ouverture d'une information judiciaire signifie qu'un juge d'instruction est désormais chargé d'établir les faits, d'entendre les parties et, le cas échéant, de qualifier pénalement les actes incriminés. Cette étape marque un durcissement de la procédure : on n'est plus dans un simple contentieux civil ou commercial, mais potentiellement dans le champ pénal, avec des chefs d'accusation qui restent à préciser au fil de l'instruction.
Pour le monde des affaires sénégalais, ce dossier agit comme un signal d'alarme. Il rappelle que la célébrité ne suffit pas à protéger une entreprise des dysfonctionnements internes, et que la formalisation juridique des partenariats n'est pas une option mais une nécessité. Les chambres de commerce et les structures d'accompagnement des entrepreneurs n'ont de cesse de le répéter ; l'affaire Aby's Garden en fournit une illustration concrète et douloureuse.
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