Abdou Mbow dénonce une « crise institutionnelle » entre Diomaye et Sonko
# Mbow tire la sonnette d'alarme : Diomaye et Sonko en eaux troubles

Le député Abdou Mbow, figure de l'opposition au sein de l'APR, accuse le tandem au pouvoir de naviguer en pleine turbulence institutionnelle. Une sortie qui met des mots sur ce que beaucoup observent en silence depuis plusieurs semaines.
Dans un entretien publié ce mardi 12 mai par le quotidien *L'Observateur*, Abdou Mbow, responsable de l'Alliance pour la République (APR) et membre du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, n'a pas mâché ses mots. Pour lui, les relations entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko seraient entrées dans une zone de friction sérieuse, au point de constituer, selon ses termes, une véritable **crise institutionnelle**.
Ce diagnostic, posé par un homme de l'opposition, intervient dans un contexte politique déjà chargé. Depuis leur accession au pouvoir en mars 2024 portés par une vague populaire sans précédent dans l'histoire politique récente du Sénégal — Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont incarné un projet commun, celui du Pastef et de son agenda de rupture. Mais gouverner ensemble n'est pas la même chose que militer ensemble, et les premiers mois de cohabitation au sommet de l'exécutif semblent avoir révélé des lignes de tension [À confirmer dans leur nature exacte].
La configuration institutionnelle sénégalaise n'est pas sans ambiguïté. La Constitution de 2001, révisée à plusieurs reprises, place le président de la République au centre du jeu exécutif, tout en confiant au Premier ministre la conduite de la politique gouvernementale. Ce partage des rôles, théoriquement complémentaire, peut vite devenir une source de friction lorsque deux personnalités politiques fortes — chacune avec sa base, son agenda et son style — occupent simultanément les deux fonctions. Le Sénégal n'en est pas à sa première expérience de tensions au sommet : la relation entre Abdou Diouf et certains de ses Premiers ministres, ou encore les remous entre Wade et ses collaborateurs successifs, ont montré que le bicéphalisme exécutif est un exercice d'équilibriste permanent.
Au-delà de la politique intérieure, cette situation suscite des interrogations sur la stabilité du gouvernement et sa capacité à mettre en œuvre les réformes promises aux Sénégalais. Le programme du Pastef souveraineté économique, révision des contrats miniers et pétroliers, réforme de la justice requiert une cohérence d'action au sommet de l'État. Toute fissure visible entre la présidence et la primature risque non seulement d'affaiblir la crédibilité du projet politique, mais aussi de donner des arguments à une opposition qui cherche précisément à démontrer que le changement promis se heurte aux réalités de l'exercice du pouvoir.
Abdou Mbow, en tant qu'ancien cadre du régime de Macky Sall, parle évidemment depuis un camp adverse, et ses déclarations doivent être lues avec ce filtre. L'APR et Takku Wallu Sénégal ont tout intérêt à amplifier les signaux de dysfonctionnement au sein du pouvoir en place. Cela ne signifie pas pour autant que ses observations soient dénuées de fondement. Plusieurs analystes et observateurs de la scène politique sénégalaise évoquent depuis quelques semaines des divergences de méthode, voire de vision, entre les deux têtes de l'exécutif [À confirmer par des sources indépendantes].
Les prochaines semaines seront décisives : si le tandem Diomaye-Sonko parvient à afficher une unité de façade solide ou mieux, à clarifier publiquement la répartition de leurs rôles il pourra désamorcer ces critiques ; dans le cas contraire, le débat sur une éventuelle crise au sommet risque de s'installer durablement dans l'agenda politique national.
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